Un CV impeccable et un entretien réussi ne suffisent pas toujours à décrocher un poste de direction, même chez une entreprise innovante comme Duolingo. L’exemple récent d’un candidat parfaitement qualifié illustre l’importance du comportement et de la personnalité dans le processus de recrutement.
Selon Luis von Ahn, la manière dont un candidat traite le personnel de service, même quand il pense ne pas être observé, en dit long sur son caractère. “C’est le chauffeur de taxi qui a le dernier mot”, affirme-t-il dans le podcast The Burnouts.
Pour les postes à très hautes responsabilités, Duolingo organise systématiquement un transfert en taxi entre l’aéroport et le siège social. Les candidats ignorent que ce simple trajet constitue déjà une épreuve d’évaluation : les chauffeurs sont invités à rapporter fidèlement le comportement des passagers à Luis von Ahn. Cette méthode a permis de révéler des attitudes problématiques, même chez des candidats jugés excellents par le reste de l’équipe. “Nous avions trouvé un directeur financier idéal. Tout le monde l’appréciait… mais il a échoué au test du taxi”, raconte le CEO.
Le candidat s’était montré particulièrement impoli avec le chauffeur. “Si les gens sont désagréables avec le chauffeur, ils le seront probablement aussi avec les autres, et surtout avec leurs subordonnés”, explique Von Ahn. Résultat : le poste n’a pas été proposé au prétendant, malgré ses compétences remarquables.
Pour Luis von Ahn, ce protocole illustre une règle simple mais essentielle : les qualités humaines comptent autant que les compétences techniques. Son humour tranchant résume la philosophie de l’entreprise : “It’s better to have a hole than an asshole” (NDLR : “Mieux vaut avoir un trou qu’un trou du cul”).