Le Mali traverse une nouvelle phase de forte instabilité sécuritaire. Les autorités ont confirmé la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, tué dans un attentat suicide survenu dans un contexte d’attaques coordonnées menées à l’échelle nationale par des groupes djihadistes et des rebelles séparatistes.
Selon les informations officielles, Sadio Camara, sa deuxième épouse et deux de ses petits-enfants ont péri dans un attentat à la voiture piégée visant leur domicile à Kati, près de Bamako, zone stratégique abritant des installations militaires majeures. Le ministre aurait succombé à ses blessures à l’hôpital après avoir tenté de résister à ses assaillants. Le gouvernement affirme qu’il a “neutralisé certains attaquants” avant son décès. Des funérailles nationales sont prévues, et un deuil de deux jours a été décrété à l’échelle du pays.
Cette attaque s’inscrit dans une offensive plus large, décrite comme coordonnée, menée par des groupes armés sur plusieurs fronts. Les combats ont été signalés dans plusieurs localités stratégiques, notamment Kati, Kidal, Gao et Sévaré, au centre du pays. Les forces gouvernementales poursuivent les affrontements dans plusieurs zones, mais la situation reste particulièrement tendue, avec des combats encore en cours et une forte incertitude sur l’évolution du terrain.
Kidal sous contrôle rebelle, nouveau tournant stratégique
Dans le nord du pays, des groupes rebelles touaregs affiliés au Front de libération de l’Azawad (FLA) affirment avoir pris le contrôle total de Kidal, une ville stratégique déjà au cœur des tensions entre l’État et les mouvements séparatistes. Selon ces groupes, un accord aurait permis le retrait des forces de l’Africa Corps, qui soutiennent l’armée malienne. Des témoins locaux évoquent la présence de combattants armés dans les rues et le départ de convois militaires. Kidal, reprise par l’armée en novembre 2023 avec l’appui de partenaires militaires étrangers, redevient ainsi un point de bascule majeur dans le rapport de force au nord du pays. L’offensive est attribuée à une coordination entre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et des mouvements séparatistes touaregs. Plusieurs positions militaires auraient été ciblées simultanément dans différentes régions du pays. Dans le centre, notamment à Sévaré, des tirs ont été entendus et la situation reste confuse selon les autorités locales.
Depuis le début des attaques, le chef de la transition, le général Assimi Goïta, n’a pas été vu publiquement. Aucune déclaration officielle n’a été faite à ce stade sur la gestion de la crise, même si des sources sécuritaires affirment qu’il se trouverait en lieu sûr. Le Mali est confronté depuis plus d’une décennie à une insécurité chronique liée aux groupes djihadistes et aux rébellions armées. Toutefois, l’ampleur et la coordination des attaques de ce week-end marquent une intensification notable des violences.
Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte politique déjà fragile, où la capacité de contrôle de l’État sur certaines régions clés du territoire est de plus en plus contestée.