Le Festival de Cannes 2026 s’ouvre ce mardi soir avec la projection de 22 films en compétition pour la Palme d’or, décernée le 23 mai sur la Croisette. Mais cette édition suscite déjà des interrogations, marquée notamment par l’absence de films africains, de grandes productions hollywoodiennes et de œuvres ouvertement politiques dans la sélection officielle.

La cérémonie d’ouverture sera assurée par l’actrice franco-malienne Eye Haïdara, tandis que le film Sa Vénus électrique de Pierre Salvadori lancera officiellement la compétition. Le jury, présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, remettra la prestigieuse Palme d’or à la clôture du festival. Durant douze jours, les passionnés de cinéma assisteront à une programmation variée mêlant différents styles et sensibilités, avec des réalisateurs reconnus tels que Pedro Almodóvar, Asghar Farhadi ou encore Rodrigo Sorogoyen. Entre expérimentations visuelles et récits plus intimistes, le festival met en avant une diversité de langages cinématographiques.
Cependant, plusieurs observateurs soulignent une sélection jugée plus centrée sur des récits historiques ou introspectifs, au détriment de films traitant directement des conflits contemporains. Des œuvres abordent notamment l’après-guerre, la Résistance ou encore des épisodes coloniaux, mais peu s’attaquent frontalement aux crises actuelles en Ukraine, au Moyen-Orient ou en Afrique. L’absence de films issus de vastes régions du monde comme l’Afrique, la Chine ou l’Inde alimente également le débat, ces zones représentant pourtant une large part de la production culturelle mondiale.
Dans ce contexte, la présence de certaines voix reste limitée mais symbolique, notamment celle de réalisateurs palestiniens au sein du marché du film. Le réalisateur Rakan Mayasi y présente notamment une œuvre explorant les tensions à la frontière syro-libanaise. Enfin, la situation des cinéastes iraniens reste au cœur des préoccupations, avec la présence d’Asghar Farhadi comme unique représentant du pays dans les sections officielles, tandis que d’autres artistes évoquent un sentiment d’isolement face aux crises géopolitiques et aux tensions internationales.
Norbert MEGAN YAOVI