Les opérations du recensement général de la population et de l’habitat au Cameroun pourraient être fortement perturbées. Le collectif des agents recenseurs a annoncé, jeudi 22 mai, le déclenchement d’une grève pour protester contre leurs conditions de travail et l’absence de réponse du gouvernement à leurs revendications.

Lancée il y a environ un mois à Yaoundé, l’opération nationale de recensement est désormais confrontée à un mouvement social. Les agents, recrutés pour collecter les données sur l’ensemble du territoire, affirment avoir adressé un mémorandum au Premier ministre le 19 mai, resté sans réponse satisfaisante à l’expiration de l’ultimatum de 72 heures qui leur avait été fixé. Dans leur document de trois pages, les recenseurs dénoncent plusieurs dysfonctionnements qu’ils jugent « graves », notamment sur les plans contractuel, sécuritaire et technique. Ils évoquent des retards logistiques lors du lancement des opérations le 24 avril, la distribution d’équipements médicaux obsolètes, des frais de subsistance irrégulièrement versés, ainsi qu’une rémunération jugée insuffisante et soumise à des retenues fiscales contestées. Face à l’absence de réponse des autorités, les agents ont confirmé leur décision de cesser le travail à partir de vendredi 22 mai. Selon plusieurs membres du collectif, aucune communication officielle n’a été reçue du cabinet du Premier ministre à l’issue de l’ultimatum. Cette mobilisation intervient dans un contexte sensible, alors que le Cameroun mène son quatrième recensement général de la population et de l’habitat, couplé cette année à un recensement de l’agriculture et de l’élevage. La dernière opération de ce type remonte à plus de vingt ans. Les autorités ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ce mouvement, alors que les syndicats alertent sur le risque de ralentissement, voire de paralysie, d’une opération jugée stratégique pour la planification économique et sociale du pays.
Norbert MEGAN YAOVI