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Mexique : Les enseignants en grève à dix jours de la Coupe du monde

‎À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde de la FIFA, prévu le 11 juin à Mexico, la capitale mexicaine est paralysée par une importante mobilisation des enseignants. Depuis le lundi 1er juin 2026, les syndicats du secteur de l’éducation ont lancé une grève nationale pour réclamer de meilleurs salaires, des conditions de travail améliorées et une réforme du système de retraite.

‎Le régime de pension actuel repose sur des cotisations individuelles et prévoit une pension maximale équivalente à environ 850 euros, un montant jugé insuffisant par les organisations syndicales. Dans ce contexte, des milliers d’enseignants ont investi les rues de Mexico, bloquant plusieurs axes majeurs et multipliant les actions de protestation. ‎« Compagnons, on va bloquer à partir d’ici », ont lancé des manifestants au sein d’un cortège rassemblant des milliers de professeurs. Pour beaucoup d’entre eux, la proximité du Mondial constitue un levier pour accroître la pression sur les autorités. Certains estiment que l’événement international pourrait pousser le gouvernement à davantage de concessions. ‎Le mouvement s’accompagne également d’actions plus symboliques. Mardi 2 juin, des enseignants ont déboulonné des statues de cinq mètres représentant des joueurs de football des pays qualifiés pour la compétition, sans intervention des forces de l’ordre. ‎Venue de plusieurs régions du pays, notamment du sud, une enseignante du secondaire dénonce des conditions de travail précaires et un manque d’investissement dans l’éducation. Elle critique notamment les dépenses engagées pour la communication autour de la Coupe du monde, estimant que les réalités locales, notamment dans des États comme Guerrero ou Oaxaca, restent marquées par de fortes inégalités et un manque d’infrastructures.

‎Les syndicats réclament désormais une rencontre avec la présidente Claudia Sheinbaum. Pour l’heure, aucune négociation officielle n’a été annoncée par les autorités. « Il n’y a pas de réunion prévue, aucun engagement », déplore un représentant syndical. ‎La tension est montée d’un cran mercredi 3 juin, lorsque des membres d’une faction dissidente du syndicat, la Coordination nationale des travailleurs de l’éducation (CNTE), ont pénétré dans le ministère de l’Éducation à Mexico. Selon des sources internes, ils auraient vandalisé un poste de garde et brisé des vitres dans le hall d’entrée.‎ ‎Alors que la mobilisation se poursuit, certains manifestants évoquent désormais la possibilité de bloquer l’aéroport international de Mexico, laissant craindre une intensification du mouvement à l’approche du Mondial, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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