Les Algériens sont appelés aux urnes ce jeudi 2 juillet pour renouveler les 407 membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour un mandat de cinq ans. Ce scrutin, le premier depuis la fin du mouvement du Hirak et la réforme de la loi électorale, se déroule dans un climat marqué par un faible engouement populaire et des craintes d’une abstention record.
Durant la campagne électorale, les autorités ont multiplié les appels à la mobilisation afin d’inciter les citoyens à voter. En face, plusieurs partis d’opposition dénoncent un scrutin sans véritable enjeu politique, estimant que les élections ont été vidées de leur substance. L’opposition accuse notamment l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) d’avoir invalidé, sans fondement juridique valable selon elle, les candidatures de plusieurs de ses principaux représentants. Ces invalidations concerneraient près d’un tiers des candidats initialement engagés dans la course, limitant ainsi la diversité de l’offre politique. Au-delà des résultats, le principal indicateur attendu reste le taux de participation. Depuis le Hirak de 2019, une partie de la population espérait un profond renouvellement de la classe politique. Toutefois, les principaux partis au pouvoir continuent de dominer la scène politique, tandis que les mêmes figures occupent une place centrale sur les listes électorales.
Quelques candidats issus de la société civile et du monde universitaire tentent d’apporter un souffle nouveau. Majoritairement indépendants, ils dénoncent cependant un accès limité aux médias publics et s’interrogent sur leur capacité réelle à peser sur les décisions en cas d’élection. L’actuelle Assemblée est dominée par le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND) et le Mouvement de la société pour la paix (MSP), auxquels s’ajoutent plusieurs formations minoritaires dont l’influence demeure limitée. Pour Kader Abderrahim, spécialiste du Maghreb et maître de conférences à Sciences Po, ces élections visent avant tout à afficher l’image d’un État stable auprès des partenaires étrangers. Selon lui, elles s’inscrivent dans un contexte où « la répression se poursuit » et reflètent davantage les rapports de force internes au pouvoir que les préoccupations de la société algérienne. Dans ce contexte, le niveau de participation sera scruté de près, tant il pourrait constituer le véritable baromètre de la confiance des Algériens envers leurs institutions politiques, rapporte Kaweru Info.
Norbert MEGAN YAOVI