La principale suspecte de l’attaque au colis piégé survenue le 29 juin à Monaco a été retrouvée morte en Ukraine. Anastassia Berezovska, recherchée dans le cadre de l’enquête ouverte par les autorités monégasques, a été découverte sans vie près de Kiev, tuée par balle, selon un communiqué publié mardi par la police nationale ukrainienne. Deux hommes soupçonnés d’être impliqués dans cette affaire ont été arrêtés.
D’après les enquêteurs ukrainiens, le corps de la jeune femme présentait des blessures par balle à la tête et des douilles de pistolet ont été retrouvées à proximité. Les premiers éléments de l’enquête indiquent qu’elle serait revenue en Ukraine le 1er juillet, soit deux jours après l’attentat, où elle aurait maintenu des contacts avec sa famille ainsi qu’avec deux hommes désormais placés en garde à vue. Les autorités ukrainiennes précisent que les deux suspects sont un ancien membre des forces de l’ordre et un agent en fonction de la Direction générale du renseignement (GUR) du ministère de la Défense. Les investigations révèlent qu’ils auraient effectué plusieurs virements sur les comptes bancaires d’Anastassia Berezovska et pourraient également avoir participé à la préparation de l’attaque commise à Monaco.
Selon le communiqué de la police, l’agent du GUR a reconnu avoir tué la suspecte, affirmant avoir agi de sa propre initiative, sans en informer sa hiérarchie. Au cours des perquisitions, les enquêteurs ont également annoncé la découverte d’une présumée chambre de torture dans le sous-sol du domicile de l’ancien policier interpellé. Une vidéo diffusée par le parquet général ukrainien montre une cave contenant plusieurs outils, une bâche en plastique ainsi que des traces rouges au sol. Quelques jours auparavant, le procureur adjoint de Monaco avait indiqué que les premiers résultats de l’enquête laissaient penser que la suspecte n’avait pas agi seule. Les investigations ont également établi qu’elle se serait déguisée en homme afin de déposer le colis piégé devant un immeuble résidentiel de la principauté.
Selon plusieurs sources concordantes, l’explosion visait l’homme d’affaires ukrainien Vadim Ermolaev. Ce dernier, sa compagne et leur fils de 13 ans ont été blessés lors de la déflagration. Sous le coup de sanctions imposées par l’Ukraine depuis 2023 en raison de ses activités commerciales en Crimée, Vadim Ermolaev ne faisait toutefois l’objet d’aucune procédure judiciaire à Monaco, a précisé le parquet de la principauté. Les investigations se poursuivent afin de déterminer les circonstances exactes de cette tentative d’assassinat et le rôle de chacun des protagonistes, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI