L’archevêque de Rabat, Cristobal Lopez Romero, a annoncé mardi 7 juillet 2026 sa mise en retrait de toutes ses fonctions publiques à la suite d’accusations de violences sexuelles formulées par plusieurs femmes. Le Vatican a ouvert une enquête afin de faire la lumière sur ces allégations, tandis que le prélat espagnol conteste fermement les faits qui lui sont reprochés.
Figure majeure de l’Église catholique et considéré comme l’un des cardinaux les plus influents, Cristobal Lopez Romero, 74 ans, dirige l’archidiocèse de Rabat depuis 2018. Son nom avait notamment circulé parmi les personnalités susceptibles de succéder au pape François lors du conclave de 2025. Selon les informations rapportées par l’Agence France-Presse (AFP), une retraitée engagée au sein de l’Église catholique au Maroc affirme avoir été victime d’agressions sexuelles répétées de la part du cardinal à partir de la fin de l’année 2024. La plaignante, qui témoigne sous le pseudonyme d’« Adélaïde », indique avoir signalé une partie des faits dès leur survenue au vicaire général de Rabat, Marc Helfer, avant d’adresser, le 22 avril, un courrier à la nonciature apostolique, représentation diplomatique du Vatican au Maroc.
Une seconde femme a également saisi la nonciature par écrit le 9 mai. Dans son témoignage, elle accuse le cardinal de comportements qu’elle juge inappropriés, évoquant notamment des accolades « particulièrement appuyées et prolongées » ainsi qu’une tentative de rapprochement physique assimilée, selon elle, à une tentative de baiser, à laquelle elle affirme avoir réussi à échapper. À la suite de ces signalements, le Vatican a décidé d’ouvrir une enquête interne. En réaction, Cristobal Lopez Romero a annoncé qu’il suspendait toute participation aux célébrations publiques et aux activités pastorales jusqu’à la fin de la procédure. Il a déclaré vouloir « coopérer pleinement » avec les autorités ecclésiastiques chargées des investigations.
Le cardinal nie catégoriquement les accusations portées contre lui. Il affirme n’avoir commis « ni agression, ni violence, ni harcèlement sexuel ». À ce jour, aucune plainte n’a été déposée devant la justice marocaine. Cette affaire intervient dans un contexte où l’Église catholique au Maroc a déjà été confrontée à plusieurs accusations de violences sexuelles impliquant des membres de son clergé. En novembre dernier, un prêtre français avait notamment été soupçonné d’avoir agressé des migrants dans un centre d’accueil situé à Casablanca, relançant le débat sur la gestion de ces affaires au sein de l’institution religieuse, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI