Le président de la FIFA, Gianni Infantino, traverse une période de fortes turbulences à la tête de l’instance mondiale du football. Selon plusieurs sources, il doit tenir une réunion d’urgence au Maroc avec certains de ses principaux collaborateurs afin d’évaluer la situation et définir une stratégie face à la contestation grandissante.
En parallèle, le dirigeant suisse poursuit une intense campagne de lobbying auprès des associations membres de la FIFA pour tenter de consolider son soutien. L’Asie est présentée comme un terrain décisif dans cette bataille d’influence, alors que plusieurs fédérations hésitent encore à afficher publiquement leur position. La pression s’est accentuée après les déclarations du prince Ali Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, qui a dénoncé certaines méthodes employées pour obtenir des voix, les qualifiant de pratiques « équivalant à du chantage ».
Au sein même de la FIFA, des divergences apparaissent. Le secrétaire général, Mattias Grafström, ainsi qu’Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial, se sont exprimés contre les projets « FIFA Forward Enterprise » défendus par Gianni Infantino, alimentant davantage les interrogations sur l’avenir de cette initiative. D’après des sources proches du dossier, le président de la FIFA cherche désormais à vérifier s’il dispose toujours d’au moins 106 voix de soutien avant de décider de la suite de son action. Plusieurs fédérations ont demandé un délai de réflexion, tandis que la Fédération suisse de football souhaite un « échange personnel » avec lui avant de prendre position.
Dans le même temps, certaines associations nationales, notamment celles d’Angleterre et du pays de Galles, auraient retiré leur soutien. Malgré ces revers, Gianni Infantino bénéficierait encore d’un socle important d’appuis, lui qui comptait plus de 200 soutiens avant la dernière Coupe du monde, selon des sources internes à la FIFA. En Europe, plusieurs responsables vont plus loin en réclamant non seulement le départ de Gianni Infantino, mais aussi une réforme profonde de la gouvernance de la FIFA. Ils proposent de remplacer le modèle actuel par un président du Conseil de la FIFA, à la tête d’un comité de direction doté de mécanismes de contrôle et d’équilibre renforcés.
Norbert MEGAN YAOVI