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Centrafrique : Une journée « ville morte » contre la hausse du carburant

Un consortium d’organisations de la société civile a appelé à une journée « ville morte » le lundi 12 octobre 2026 à Bangui, en République centrafricaine, pour protester contre l’augmentation de 150 FCFA des prix des produits pétroliers. L’initiative suscite toutefois des divergences, notamment parmi les conducteurs de moto-taxis.

La hausse des prix du carburant continue de susciter des réactions en République centrafricaine. À Bangui, plusieurs organisations de la société civile, dont la plateforme I Gwé et l’Organisation générale de défense des consommateurs (OGDC), ont appelé à une journée « ville morte » pour exiger l’annulation de l’augmentation entrée en vigueur le 1er octobre 2026. Pour justifier cette mesure, le gouvernement a évoqué la crise mondiale du carburant ainsi que les difficultés de trésorerie de l’État. Mais cette décision pèse sur les professionnels du transport, confrontés à la hausse de leurs charges et aux difficultés de maintenir leurs revenus.

Des conducteurs favorables à la protestation

Dans le quartier Damala, certains conducteurs de moto-taxis soutiennent l’initiative. Éric Pavel affirme ne plus disposer de moyens suffisants pour acheter du carburant aux tarifs actuels. « Je suis totalement d’accord avec cette journée ville morte, car je n’ai pas les moyens d’acheter du carburant à ce prix-là et de m’en sortir », explique-t-il. Il souligne également la difficulté d’augmenter les tarifs des courses sans risquer de perdre des clients. Une situation qui, selon lui, menace directement la rentabilité de son activité. Il appelle ainsi les autorités à revenir sur leur décision et à fixer des prix plus accessibles.

Le syndicat des moto-taxis privilégie le dialogue

L’appel à la cessation des activités ne fait cependant pas l’unanimité. Le syndicat des conducteurs de moto-taxis s’oppose au mouvement, estimant qu’une journée sans travail priverait de nombreux professionnels de leurs revenus quotidiens. Son président, Marcel Nzapayembi, rappelle que le secteur compte environ 50 000 conducteurs dans le pays. S’il reconnaît les difficultés provoquées par la hausse du carburant, il invite ses membres à poursuivre leurs activités et privilégie le dialogue avec les autorités. « Si nous cessons de travailler, avec quelles économies allons-nous vivre ? Avec quel argent allons-nous prendre en charge nos familles ? », s’interroge-t-il. Face à cette mobilisation, le gouvernement appelle les habitants de Bangui à poursuivre normalement leurs activités. Entre contestation de la hausse des prix et nécessité de préserver les revenus quotidiens, la question du carburant continue ainsi de diviser les acteurs économiques et sociaux de la capitale centrafricaine.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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