Le secteur textile bangladais est secoué par un mouvement de contestation sociale depuis une semaine. Des milliers d’ouvriers réclament le doublement du salaire minimum et dénoncent leurs conditions de rémunération. Malgré la mise en place d’un comité gouvernemental de négociation dimanche 1er novembre, la mobilisation se poursuit et les tensions s’intensifient dans plusieurs régions du pays.
La situation sociale se dégrade au Bangladesh. Ce lundi 2 novembre, les manifestations des travailleurs du textile ont pris une nouvelle ampleur. Des axes routiers stratégiques, notamment l’autoroute reliant la capitale Dacca à la ville de Tangail, ont été bloqués. Des véhicules ont été incendiés tandis que les forces de sécurité ont dispersé des manifestants à coups de gaz lacrymogènes dans plusieurs districts de la capitale. Face à cette escalade, le ministère de l’Intérieur accuse « certaines factions » de chercher à instrumentaliser le mouvement social. Les autorités font notamment allusion à la Ligue Awami, le parti de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, actuellement en exil et dont la formation politique est désormais interdite. Cependant, les revendications salariales restent au cœur de la mobilisation. Les ouvriers réclament un doublement du salaire minimum et ont engagé une grève depuis une semaine pour obtenir satisfaction. Selon le Centre bangladais de solidarité avec les travailleurs, le salaire moyen dans le secteur avoisine 13 000 takas, soit moins de 100 euros.
Un secteur stratégique sous pression
Cette crise sociale menace l’un des principaux piliers de l’économie bangladaise. Le pays compte des milliers d’usines spécialisées dans la confection de vêtements, notamment des t-shirts, des jeans et des pulls destinés aux grandes marques européennes et américaines. Deuxième exportateur mondial de vêtements, derrière la Chine, le Bangladesh dépend fortement de cette industrie, qui emploie des millions de personnes et constitue une source essentielle de revenus en devises étrangères. La prolongation du mouvement social pourrait ainsi avoir des conséquences importantes sur l’économie nationale et les échanges commerciaux internationaux. La principale organisation des producteurs textiles du pays met en garde contre les risques liés à la persistance des troubles. Elle redoute des perturbations de la production, des retards dans les exportations ainsi qu’une remise en cause des engagements pris par les industriels bangladais auprès de leurs clients étrangers. Alors que le gouvernement tente d’ouvrir un dialogue avec les représentants des travailleurs, l’issue de cette crise reste incertaine. La pression monte sur les autorités, confrontées au défi de répondre aux revendications salariales sans fragiliser davantage un secteur vital pour l’économie du pays.