Le Maroc accélère ses investissements pour sécuriser durablement ses ressources en eau face aux effets du changement climatique. Devant la Chambre des représentants, lundi 2 novembre 2026, le ministre de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts, Nizar Baraka, a présenté les grandes lignes de la stratégie nationale engagée conformément aux orientations royales. À l’horizon 2031, le Royaume ambitionne de porter la capacité de stockage de ses barrages à 27 milliards de m³ et la production annuelle d’eau dessalée à 1,8 milliard de m³. Cette dernière devrait permettre de couvrir 60 % des besoins en eau potable.
Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement mise notamment sur le renforcement des infrastructures hydrauliques. Quatorze grands barrages sont actuellement en construction, avec une capacité cumulée de 5,4 milliards de m³. Douze autres ouvrages sont également programmés, pour apporter 4,9 milliards de m³ supplémentaires aux capacités nationales de stockage. Le programme prévoit aussi de renforcer les transferts d’eau entre les bassins hydrauliques. Après la réalisation du premier tronçon reliant le Sebou au Bouregreg, la deuxième phase de l’interconnexion vers le bassin de l’Oum Er-Rbia doit être lancée au début de l’année 2027. Elle permettra d’acheminer environ 800 millions de m³ d’eau. Parallèlement, le dessalement de l’eau de mer occupe une place grandissante dans le dispositif. La production nationale est passée de 46 millions de m³ en 2021 à 447 millions de m³ actuellement. La station de dessalement de Casablanca devrait entrer en service en 2027. D’autres unités sont également prévues à Nador, Driouch, Tanger, Tiznit, Guelmim, Tan-Tan et Rabat.
Économie d’eau et prévention des risques climatiques
Au-delà des nouvelles infrastructures, la stratégie marocaine accorde une importance particulière à la maîtrise de la consommation et à la préservation des ressources existantes. Le développement de l’irrigation au goutte-à-goutte doit ainsi concerner plus d’un million d’hectares. Le Royaume entend également porter la réutilisation des eaux usées traitées à plus de 100 millions de m³ d’ici à 2031. Des contrats de nappes seront par ailleurs déployés pour lutter contre la surexploitation des réserves souterraines. La prévention des inondations constitue un autre volet important du programme. À ce jour, 27 projets de protection ont déjà été réalisés et 21 autres sont en cours d’exécution. Le lancement simultané de 30 petits barrages collinaires est également prévu dès novembre 2026.
Le dispositif sera complété par l’élaboration d’un nouvel atlas des zones exposées aux inondations, la mise en place de systèmes d’alerte précoce et un programme spécifique de protection de la ville de Safi, attendu en 2027. À travers cette stratégie combinant grands barrages, dessalement, transferts hydrauliques, économie d’eau et prévention des risques, le Maroc entend renforcer son autonomie hydrique et mieux anticiper les conséquences du changement climatique. L’horizon 2031 constitue ainsi une échéance majeure pour consolider la sécurité de l’approvisionnement en eau du Royaume.