Dans le nord-ouest du Nigeria, au moins 30 personnes ont été tuées dimanche soir dans une attaque menée par des hommes armés dans l’État de Zamfara, selon un rapport sécuritaire destiné à l’ONU.
L’attaque s’est produite sur la route Magami-Dansadu, dans la zone de gouvernement local de Gusau. D’après le rapport, les assaillants ont tendu une embuscade à des voyageurs, tuant des civils, des chasseurs ainsi qu’un garde communautaire, tandis que plusieurs autres personnes ont été blessées. Les forces de sécurité seraient ensuite intervenues et auraient abattu plusieurs membres du groupe armé lors d’échanges de tirs.
L’État de Zamfara fait partie des régions du nord du Nigeria confrontées depuis des années à une grave insécurité. Des bandes criminelles, appelées localement « bandits », multiplient les attaques contre les villages, les enlèvements contre rançon et les vols de bétail. La présence de groupes terroristes dans certaines zones du nord du pays accentue également l’instabilité. Les autorités nigérianes font face à une recrudescence des violences dans toute la moitié nord du pays. En novembre dernier, le président Bola Tinubu a déclaré un état d’urgence sécuritaire afin de tenter d’enrayer cette montée des attaques.
Selon les autorités, les violences trouvent notamment leur origine dans les tensions entre agriculteurs et éleveurs autour de l’accès aux terres et à l’eau, tensions aggravées par les effets du changement climatique. Au fil du temps, ces conflits ont favorisé l’émergence de réseaux criminels organisés spécialisés dans les enlèvements et le pillage. Malgré le déploiement de l’armée dans l’État de Zamfara depuis 2015 et plusieurs tentatives de négociations avec les groupes armés, les attaques continuent de faire de nombreuses victimes, rapporte Trt Afrika.
Norbert MEGAN YAOVI