L’Union européenne est parvenue, lundi 11 mai, à un accord politique visant à sanctionner des colons israéliens extrémistes accusés de violences contre des Palestiniens en Cisjordanie. Selon plusieurs sources diplomatiques, sept colons ou organisations liées à la colonisation sont concernés, ainsi que douze responsables du Hamas.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué cette décision sur X, affirmant que l’UE sanctionnait désormais « les principales organisations israéliennes coupables de soutenir la colonisation extrémiste et violente ». Il a également appelé à mettre fin sans délai à ces violences rapporte Rfi. Les sanctions prévues incluent le gel des avoirs détenus dans l’Union européenne ainsi qu’une interdiction d’entrée sur le territoire européen. Elles restent toutefois suspendues à une validation officielle des 27 États membres.
Cette avancée diplomatique a été rendue possible après la levée du veto hongrois, qui bloquait jusque-là le dossier. Selon plusieurs observateurs, le changement de position de Budapest intervient dans un contexte politique marqué par la victoire électorale de Peter Magyar. Israël a vivement réagi à cette décision. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a dénoncé des sanctions « arbitraires » et « politiques », accusant l’Europe d’établir une comparaison injuste entre des colons israéliens et des responsables du Hamas.
De son côté, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite israélienne, a qualifié l’Union européenne d’« union antisémite » dans un message publié sur X. Depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, les violences en Cisjordanie se sont intensifiées. Selon un décompte de l’AFP basé sur les données de l’Autorité palestinienne, plus de 1 000 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens.
Norbert MEGAN YAOVI