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Génocide au Rwanda : Agathe Habyarimana saisit la Cour de cassation

Agathe Habyarimana, veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, va saisir la plus haute juridiction française après la décision de la justice de relancer l’enquête la visant pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité. ‎L’annonce a été faite mercredi par son avocat, Philippe Meilhac, à la suite de la décision rendue le 6 mai par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.

‎Cette dernière a annulé le non-lieu prononcé en août dernier par deux juges d’instruction parisiennes, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles investigations réclamées par le Parquet national antiterroriste (Pnat) et les parties civiles.‎

Une procédure judiciaire ouverte depuis près de vingt ans
‎L’enquête française visant Agathe Habyarimana remonte à 2007, après une plainte déposée par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Depuis 2016, l’ancienne Première dame bénéficie du statut de témoin assisté, sans jamais avoir été mise en examen, malgré les demandes du parquet antiterroriste. ‎Son avocat dénonce aujourd’hui la longueur excessive de la procédure et les conséquences d’une nouvelle phase d’enquête. « Nous sommes à près de vingt ans d’instruction », a rappelé Me Philippe Meilhac, estimant que les nouvelles investigations nécessiteraient un important recours à la coopération internationale et entraîneraient des coûts supplémentaires pour la justice française. ‎Selon lui, sa cliente va désormais former un pourvoi en cassation afin d’obtenir un examen immédiat du dossier. Il affirme également qu’elle pourrait saisir la Cour européenne des droits de l’homme si nécessaire.

‎Le rôle présumé de l’“Akazu” au cœur du dossier
‎‎Les associations de parties civiles accusent Agathe Habyarimana d’avoir appartenu à l’“Akazu”, considéré comme le premier cercle du pouvoir hutu radical ayant joué un rôle central dans la préparation et l’organisation du génocide des Tutsi en 1994. Selon cette thèse, ce réseau proche du pouvoir aurait orchestré les massacres qui ont suivi l’assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. L’attentat contre son avion présidentiel avait déclenché une vague de violences d’une ampleur tragique au Rwanda. ‎Entre avril et juillet 1994, environ 800 000 personnes, principalement des Tutsi mais aussi des Hutu modérés, ont été tuées selon les estimations des Nations unies. ‎Les massacres ont été perpétrés par les forces armées rwandaises et les milices extrémistes hutu Interahamwe.

‎Agathe Habyarimana rejette toute implication
‎De son côté, Agathe Habyarimana conteste fermement toutes les accusations portées contre elle. L’ancienne Première dame affirme n’avoir jamais joué de rôle politique au sein du régime de son époux et se présente comme une simple mère de famille sans implication dans les affaires de l’État. Cette position avait d’ailleurs été retenue par les deux juges d’instruction parisiennes qui avaient initialement prononcé un non-lieu en sa faveur avant son annulation en appel. ‎‎Plus de trente ans après le génocide des Tutsi, cette affaire demeure l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles liés au Rwanda en France. La décision de la Cour de cassation pourrait désormais déterminer si les investigations se poursuivent ou si la procédure connaît un nouveau coup d’arrêt, dans un dossier marqué par des décennies de tensions diplomatiques, mémorielles et judiciaires entre Paris et Kigali, selon Trt Africa.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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