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‎Philippines : Tirs au Sénat autour d’un proche de Rodrigo Duterte recherché par la CPI

La tension est montée d’un cran aux Philippines mercredi soir, après que plusieurs coups de feu ont été entendus à l’intérieur du Sénat à Manille. L’incident s’est produit alors que Ronald Dela Rosa, proche allié de l’ancien président Rodrigo Duterte, y est retranché depuis plusieurs jours afin d’échapper à une arrestation liée à la Cour pénale internationale (CPI).

‎Selon plusieurs journalistes présents sur place, plus d’une dizaine de militaires en tenue de camouflage ont pénétré dans l’enceinte du Sénat, certains armés de fusils d’assaut. Environ cinq détonations ont été entendues, provoquant un mouvement de panique dans les couloirs du bâtiment, immédiatement placé sous confinement.

‎Ronald Dela Rosa retranché au Sénat depuis plusieurs jours
‎‎Ancien chef de la police nationale entre 2016 et 2018, Ronald Dela Rosa est considéré comme l’un des principaux artisans de la violente guerre contre la drogue menée sous la présidence de Rodrigo Duterte. ‎Réfugié au Sénat depuis le 11 mai, il tente d’échapper à une éventuelle arrestation et à un transfert vers la Cour pénale internationale, qui enquête sur les exactions commises durant cette campagne antidrogue. ‎Arrêté une première fois en mars 2025, Rodrigo Duterte attend déjà un procès à La Haye pour crimes contre l’humanité. Les procureurs de la CPI l’accusent d’être impliqué dans au moins 76 meurtres liés à cette politique sécuritaire, qui aurait causé la mort de milliers de personnes, principalement issues des milieux défavorisés.

Les autorités évoquent une attaque sans auteur identifié
‎Face à la confusion, le président du Sénat, Alan Peter Cayetano, a affirmé que l’institution était « attaquée », sans fournir davantage de détails sur l’origine des tirs. Le ministre de l’Intérieur, Juanito Victor Remulla, s’est rapidement rendu sur les lieux. Après avoir rencontré plusieurs sénateurs, il a indiqué qu’aucun blessé n’avait été signalé à ce stade. Les forces de police ont lancé des recherches dans un bâtiment adjacent afin d’identifier les auteurs des coups de feu.

‎Manifestations et tensions politiques autour de l’ancien clan présidentiel

‎Quelques heures avant l’incident, Ronald Dela Rosa avait appelé publiquement ses partisans à se mobiliser pour empêcher son arrestation. ‎Devant le Sénat, environ 250 manifestants favorables à son transfert vers la CPI se sont rassemblés face à près de 500 policiers anti-émeutes déployés pour sécuriser la zone. Cette crise intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Plus tôt cette semaine, les alliés de Rodrigo Duterte ont réussi à reprendre le contrôle du Sénat philippin à la faveur d’un vote surprise auquel Ronald Dela Rosa a lui-même participé, malgré sa situation judiciaire. La nouvelle majorité sénatoriale a déjà annoncé qu’elle ne permettrait son arrestation que sur ordre d’un tribunal philippin, refusant toute coopération directe avec la justice internationale.

‎Une affaire qui ravive les divisions aux Philippines
‎‎L’affaire Dela Rosa illustre les profondes fractures qui traversent aujourd’hui la société philippine autour de l’héritage de Rodrigo Duterte. Pour ses partisans, l’ancienne politique antidrogue reste synonyme de fermeté face à la criminalité. Pour les organisations de défense des droits humains, elle demeure au contraire l’une des campagnes répressives les plus sanglantes de l’histoire récente du pays. Les événements survenus au Sénat pourraient désormais accentuer davantage la crise politique et institutionnelle qui secoue les Philippines, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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