Le gouvernement canadien a annoncé, mercredi 27 mai 2026, la suspension temporaire de la délivrance de documents d’immigration aux ressortissants de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, dans un contexte marqué par l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en Afrique centrale.

Dans un communiqué, Ottawa précise que cette mesure entrera en vigueur à compter de 23h59, heure locale, pour une durée de 90 jours. Les autorités canadiennes justifient cette décision par le risque sanitaire lié à la propagation du virus Ebola, qualifié de menace grave pour la santé publique. Ainsi, les ressortissants des trois pays concernés ne pourront plus obtenir de visas, d’autorisations de voyage électroniques (AVE) ou d’autres documents d’immigration permettant d’accéder au territoire canadien durant cette période. L’Agence de la santé publique du Canada a également indiqué que les personnes déjà titulaires d’un visa de résident temporaire, d’une AVE ou d’un visa de résident permanent approuvé ne seront pas autorisées à voyager vers le Canada tant que leurs documents demeureront suspendus. Ottawa évoque une « approche de précaution » face à la situation épidémiologique internationale, alors que plusieurs rassemblements mondiaux, notamment le prochain Mondial de football, devraient entraîner une augmentation importante des déplacements internationaux. Les autorités sanitaires rappellent que la période d’incubation du virus Ebola varie entre deux et vingt-et-un jours et qu’une personne infectée ne devient contagieuse qu’après l’apparition des premiers symptômes. Le gouvernement canadien affirme toutefois que le risque pour la population reste faible. Aucun cas importé d’Ebola n’a jamais été enregistré au Canada et aucun cas n’est actuellement recensé en Amérique du Nord. L’épidémie en cours en République démocratique du Congo est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche contre laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique à ce jour. Selon les spécialistes, son taux de létalité peut atteindre 50 %. De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché une alerte sanitaire internationale tout en estimant que le risque de propagation mondiale demeure limité. Le Canada assure qu’il continuera de suivre de près l’évolution de la situation sanitaire et pourrait ajuster ses mesures en fonction des données épidémiologiques à venir, rapporte Trt Africa.
Norbert MEGAN YAOVI