La Chine a interdit de territoire, pour une durée d’un an, quatre députés néo-zélandais ayant effectué une visite à Taïwan début mai. Cette décision, annoncée jeudi 4 juin 2026, marque une nouvelle montée des tensions entre Pékin et Wellington et constitue une première dans les relations entre les deux pays.

Dans un communiqué, l’ambassade de Chine en Nouvelle-Zélande a accusé les élus d’avoir ignoré « des avertissements répétés » avant de se rendre sur l’île que Pékin considère comme faisant partie intégrante de son territoire. Selon les autorités chinoises, cette visite a eu de « graves répercussions politiques » et représente une ingérence dans les affaires intérieures du pays. Cette mesure vise un groupe de parlementaires issus de plusieurs formations politiques néo-zélandaises. Leur déplacement à Taïwan s’inscrivait dans le cadre d’échanges parlementaires, une pratique qui n’avait jusqu’à présent jamais entraîné de sanctions de la part de Pékin à l’encontre d’élus néo-zélandais. Les députés concernés ont vivement réagi à cette décision. Laura McClure, l’une des parlementaires sanctionnées, a dénoncé une tentative d’intimidation. « Les parlementaires ont le droit de voyager librement à travers le monde. Cela fait partie intégrante d’une vie en démocratie », a-t-elle déclaré, rejetant toute idée de présenter des excuses à la Chine.
Pékin a toutefois indiqué que l’interdiction pourrait être levée ou réduite si les élus revenaient sur leur position. Une option que ces derniers refusent pour le moment. Le gouvernement néo-zélandais a rappelé que cette visite ne remettait pas en cause sa politique dite « d’une seule Chine ». Wellington ne reconnaît pas officiellement Taïwan comme un État souverain, mais entretient avec l’île des relations commerciales, économiques et culturelles de longue date. Cette affaire place la Nouvelle-Zélande dans une situation délicate. Le pays entretient des liens économiques étroits avec la Chine, son principal partenaire commercial, tout en cherchant à préserver ses relations avec Taïwan et ses partenaires démocratiques de la région. Pour Pékin, cette sanction s’inscrit dans une stratégie plus large visant à décourager les initiatives parlementaires jugées favorables à Taïwan. Au cours des dernières années, plusieurs élus américains, britanniques, canadiens et australiens ont également été visés par des mesures similaires après des visites sur l’île ou des critiques à l’égard du gouvernement chinois. De son côté, le gouvernement taïwanais a condamné fermement la décision chinoise, réaffirmant que Taïwan et la Chine « ne sont pas subordonnés l’un à l’autre ». Cette nouvelle controverse illustre une fois de plus la sensibilité de la question taïwanaise, considérée comme une ligne rouge par Pékin sur la scène internationale, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI