Une nouvelle enquête publiée ce lundi par l’ONG Global Initiative Against Transnational Organized Crime met en lumière le rôle croissant de l’Afrique de l’Ouest dans le trafic mondial de cocaïne. Selon le rapport, la Sierra Leone est devenue un point de transit majeur pour les cargaisons de drogue en provenance d’Amérique latine et destinées au marché européen.

Cette publication intervient quelques semaines après une saisie record qui a attiré l’attention des autorités internationales. Début mai, un cargo ayant quitté la Sierra Leone a été intercepté avec plus de 30 tonnes de cocaïne à son bord, l’une des plus importantes cargaisons jamais découvertes sur cette route maritime, rapporte Rfi.
Une route de trafic mieux comprise
Jusqu’à présent, les services de renseignement et les enquêteurs disposaient de nombreuses informations sur les voies empruntées par la cocaïne pour rejoindre l’Afrique de l’Ouest depuis l’Amérique latine. En revanche, les mécanismes permettant son acheminement vers l’Europe demeuraient relativement méconnus. L’enquête de Global Initiative apporte de nouveaux éléments sur cette seconde phase du trafic. Selon ses auteurs, une partie importante de la cocaïne est désormais stockée en Sierra Leone avant d’être expédiée vers l’Europe à bord de petits cargos commerciaux. Ce mode opératoire serait en pleine expansion.
Des cargaisons toujours plus importantes
Les auteurs du rapport s’appuient notamment sur les données du Centre européen d’analyse et d’opérations maritimes. Celles-ci montrent que la taille moyenne des cargaisons de cocaïne saisies sur les routes passant par l’Afrique de l’Ouest a plus que doublé entre 2024 et 2025. Cette évolution témoigne, selon les experts, d’une professionnalisation accrue des réseaux criminels et d’une utilisation grandissante de la région comme plateforme logistique pour le narcotrafic international.
Des liens avec de puissants réseaux criminels
L’enquête affirme également avoir identifié plusieurs voyages maritimes similaires à celui du cargo intercepté en mai. Elle évoque en outre des connexions présumées avec le réseau du narcotrafiquant néerlandais Jos Leijdekkers, considéré comme l’une des figures majeures du trafic international de cocaïne. Pour les chercheurs, ces éléments démontrent l’existence d’une organisation sophistiquée capable de déplacer d’importantes quantités de drogue sur de longues distances tout en échappant aux contrôles des autorités.
La partie visible d’un phénomène plus vaste
Au-delà de son caractère spectaculaire, la saisie de plus de 30 tonnes de cocaïne est perçue par les auteurs du rapport comme le signe d’une confiance grandissante des organisations criminelles dans leur capacité à faire transiter leurs cargaisons vers l’Europe sans être interceptées. Selon eux, cette affaire ne représenterait que « la partie émergée de l’iceberg » d’un trafic en pleine expansion. Le rapport met ainsi en garde contre le renforcement des réseaux criminels en Afrique de l’Ouest, devenue un maillon essentiel des routes mondiales de la cocaïne.
Norbert MEGAN YAOVI