Find Articles

Loading...
A la Une:

Burkina Faso : Bras de fer avec l’Union européenne

‎Le gouvernement burkinabè a fermement rejeté la résolution adoptée le 18 juin 2026 par le Parlement européen concernant la situation des libertés publiques et de l’espace civique au Burkina Faso. Dans une note verbale adressée à la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, les autorités ont déclaré ce texte « nul et de nul effet », dénonçant une ingérence dans les affaires intérieures du pays.

‎Cette réaction intervient quelques jours après la convocation de l’ambassadeur de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain, par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré. Au cours de cette rencontre, le chef de la diplomatie burkinabè avait exprimé la profonde désapprobation des autorités face à une résolution intitulée « Persistance de la répression de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso ». ‎Selon le gouvernement, le document adopté par les eurodéputés repose sur des informations inexactes et ne tient pas compte du contexte sécuritaire auquel le pays est confronté. Les autorités estiment notamment que certains chiffres avancés dans la résolution sont erronés et qu’ils occultent les efforts consentis par l’État dans la lutte contre le terrorisme. ‎Ouagadougou rappelle que le Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, fait face à une menace sécuritaire majeure dans la région sahélienne. Les autorités soulignent que cette lutte constitue une priorité nationale et mettent en avant les résultats obtenus grâce aux opérations menées par les Forces de défense et de sécurité ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Dans sa note verbale, le gouvernement burkinabè va plus loin en affirmant que la résolution du Parlement européen s’inscrirait dans une logique inspirée de « desseins néocoloniaux » et contreviendrait aux principes de souveraineté des États et de non-ingérence consacrés par le droit international et la Charte des Nations unies.

‎Les autorités ont également rappelé leur lecture des origines de la crise sécuritaire au Sahel, qu’elles associent à la déstabilisation de la Libye à la suite de l’intervention militaire de l’OTAN en 2011. Selon elles, cette situation a contribué à la propagation de l’insécurité dans plusieurs pays de la région. ‎Malgré cette vive contestation, le gouvernement burkinabè a réaffirmé sa volonté de maintenir des relations constructives avec l’Union européenne. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’un dialogue fondé sur le respect mutuel, estimant qu’une coopération durable ne saurait prospérer dans un climat marqué par « la condescendance, les injonctions ou les procès d’intention ». ‎De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne, Philippe Bronchain, a indiqué avoir pris acte des préoccupations exprimées par les autorités burkinabè et s’est engagé à transmettre leur position aux instances compétentes de l’Union européenne, rapporte Kaweru Info.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *