Le Nigeria a condamné, dans un communiqué publié le 5 juillet 2026, le meurtre de deux de ses ressortissants en Afrique du Sud, sur fond de recrudescence des violences visant les migrants. Abuja affirme que les deux hommes ont été tués le 28 juin, deux jours avant l’expiration de l’ultimatum lancé par des groupes anti-immigrés exigeant le départ des étrangers.
Selon les autorités nigérianes, Emeka Charles Iroegbu serait décédé après avoir été torturé par des policiers de la métropole de Tshwane, près de Pretoria. Le même jour, Musa Yunana Joe aurait été abattu par des individus non identifiés devant son commerce à Witbank, dans la province du Mpumalanga. La ministre nigériane des Affaires étrangères, , a annoncé l’organisation de vols de rapatriement pour les citoyens souhaitant quitter l’Afrique du Sud. Un premier avion transportant 270 passagers doit relier Johannesburg à Lagos, tandis qu’un dernier vol spécial est prévu le 10 juillet. Elle a également indiqué que « toutes les options restent sur la table » afin d’obtenir des explications des autorités sud-africaines. Pretoria a rejeté les accusations. La ministre à la Présidence, , a exclu toute indemnisation et appelé à identifier les réseaux de trafiquants de drogue nigérians présents dans le pays. Des propos qualifiés par le ministère nigérian des Affaires étrangères de « discours haineux » et de déclarations « outrancières et non professionnelles ».
Le secrétaire général de la , , a pour sa part dénoncé des attaques « incompatibles avec les valeurs du panafricanisme » et contraires aux objectifs d’intégration économique du continent. L’Afrique du Sud est régulièrement confrontée à des épisodes de violences xénophobes. Des émeutes anti-migrants avaient notamment fait 62 morts en 2008, avant de nouvelles flambées de violences en 2015, 2016 et 2019. Selon plusieurs analystes, la campagne actuelle apparaît plus organisée et a déjà entraîné le départ de milliers de migrants, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI