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‎Soudan : Des villages détruits au Darfour

Plusieurs villages du Darfour occidental, près de la frontière avec le Tchad, ont été détruits lors d’une série d’attaques attribuées aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), selon les Nations unies et des témoignages de survivants. Ces violences, qui s’inscrivent dans la poursuite du conflit opposant les FSR à l’armée soudanaise, ont provoqué un nouvel exode de populations civiles.

‎D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 3 500 habitants de Wadi Fungo, dans la localité d’Oum Barou, ont fui leurs habitations vendredi à la suite des affrontements. Les combats se sont intensifiés ces derniers jours dans cette région stratégique située à proximité de la frontière tchadienne.‎ Arrivés lundi à Tiné, ville frontalière du Tchad, deux frères soudanais ont livré à l’Agence France-Presse (AFP) un récit poignant de leur  fuite. Ils décrivent une offensive menée par des dizaines de véhicules des FSR, des villages incendiés et des corps abandonnés dans les rues. ‎« Nous avons traversé deux villages réduits en cendres. Les corps gisaient à même le sol », a confié l’un des rescapés, qui a réussi à fuir avec son épouse et ses enfants.

‎Un autre survivant, Mohamad Adam, affirme avoir perdu deux de ses frères lors d’une attaque distincte. Selon lui, les assaillants ont incendié les habitations et exécuté les personnes qui n’avaient pas pu s’enfuir. ‎Ces nouvelles attaques interviennent plusieurs mois après la prise d’el-Fasher par les FSR, en octobre 2025. La ville constituait alors le dernier bastion de l’armée soudanaise au Darfour. Les Nations unies estiment que cette offensive présentait « les signes distinctifs du génocide », en raison des violences ciblant principalement la communauté zaghawa. ‎Dans un rapport récent, Amnesty International a également dénoncé des « crimes contre l’humanité » ainsi qu’un « nettoyage ethnique » perpétrés lors de cette offensive.

‎Depuis la conquête d’el-Fasher, les FSR poursuivent leur progression vers l’ouest du pays, multipliant les attaques contre les zones encore contrôlées par l’armée et ses alliés. Les forces gouvernementales ont, de leur côté, intensifié leurs opérations aux abords d’el-Geneina, chef-lieu du Darfour occidental. ‎Depuis le déclenchement de la guerre au Soudan, les Nations unies, plusieurs organisations de défense des droits humains et de nombreux témoins accusent les FSR d’avoir commis de graves violations du droit international humanitaire. Les exactions documentées incluent notamment la destruction de camps de déplacés, des violences sexuelles systématiques, ainsi que des massacres motivés par l’appartenance ethnique, en particulier contre les populations zaghawa du Darfour, rapporte Rfi.

redacteur3.0

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