La Haute Cour ougandaise a rejeté, mercredi 8 juillet, le recours introduit par l’opposant politique Kizza Besigye, ouvrant ainsi la voie à la tenue de son procès pour trahison prévue le 13 juillet prochain.
L’ancien candidat à la présidentielle contestait la légalité des poursuites engagées contre lui, estimant que ses droits fondamentaux avaient été bafoués lors de son arrestation au Kenya et de son transfert vers l’Ouganda. Ses avocats soutenaient notamment qu’il avait été victime d’un enlèvement, d’un transfert forcé transfrontalier et de violations de son droit à un procès équitable. Selon eux, ces irrégularités devaient conduire à l’annulation pure et simple de la procédure judiciaire. La Haute Cour n’a toutefois pas suivi cette argumentation. Dans sa décision, elle a considéré que les violations alléguées n’étaient pas suffisamment établies et a estimé que ce recours pouvait être perçu comme une tentative de retarder le déroulement du procès. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une évolution récente de la jurisprudence ougandaise. Le mois dernier, la Cour constitutionnelle a en effet modifié son interprétation du droit en jugeant que la constatation de violations des droits fondamentaux d’un accusé ne devait plus entraîner automatiquement l’abandon des poursuites pénales. Désormais, même si de telles violations peuvent donner lieu à des sanctions ou à des réparations, elles ne suffisent plus, à elles seules, à faire annuler un procès.
L’affaire se déroule également dans un climat politique tendu. La semaine précédente, le président Yoweri Museveni avait publiquement accusé Kizza Besigye de chercher à éviter son procès, affirmant que celui-ci disposait désormais de l’occasion de « prouver son innocence » devant la justice. Sauf nouveau rebondissement judiciaire, le procès de Kizza Besigye et de son coaccusé Obeid Lutale doit donc s’ouvrir le 13 juillet. Les deux hommes sont poursuivis pour trahison, une accusation passible de la peine capitale en Ouganda. Figure majeure de l’opposition ougandaise, Kizza Besigye est depuis plus de deux décennies l’un des principaux adversaires politiques du président Museveni. Ancien médecin personnel du chef de l’État, il a rejoint l’opposition il y a environ vingt-cinq ans et s’est présenté à quatre reprises à l’élection présidentielle, sans parvenir à accéder au pouvoir, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI