En République démocratique du Congo (RDC), la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola se heurte toujours à la méfiance de certaines communautés. En Ituri, 42 corps n’ont pas pu être prélevés afin de déterminer s’ils étaient infectés par le virus, selon un rapport de la coordination de la riposte daté du 1er septembre. Une situation qui complique la surveillance de l’épidémie et l’identification des personnes potentiellement exposées.
Tout commence parfois par un décès à domicile. À l’arrivée des équipes sanitaires, celles-ci tentent d’effectuer un prélèvement sur le corps afin de vérifier une éventuelle infection à Ebola. Mais dans plusieurs cas, les familles ou les habitants s’opposent à l’intervention. Le défunt est alors inhumé sans qu’il soit possible de déterminer la cause exacte du décès.
En Ituri, le rapport fait état de 42 dépouilles qui n’ont ainsi pas pu être testées en raison de résistances communautaires. Or, l’absence de prélèvement ne permet pas seulement de laisser planer le doute sur l’origine du décès. Elle rend également plus complexe le travail des équipes chargées de retrouver les personnes ayant été en contact avec le malade ou sa dépouille.
Soignants à domicile, transporteurs, personnes ayant lavé ou habillé le corps et participants aux funérailles peuvent notamment avoir été exposés au virus. Sans confirmation biologique, ces contacts sont plus difficiles à identifier et à suivre. Pourtant, les personnes décédées d’Ebola restent particulièrement contagieuses, notamment lors des manipulations du corps.
Des refus qui persistent
Les difficultés ne se limitent pas aux prélèvements post-mortem. Les sept derniers rapports examinés font également état de refus concernant les prélèvements, l’isolement de certains malades et leur transfert vers les centres de traitement. Cette résistance intervient alors que la majorité des décès liés à l’épidémie surviennent en dehors des structures de santé. Entre le 26 août et le 1er septembre, 295 décès ont été enregistrés en RDC. Parmi eux, 210 sont survenus dans les communautés, contre 85 dans les centres de traitement. Plus de sept décès sur dix ont donc été enregistrés hors des structures sanitaires.
Cette situation constitue un défi majeur pour les équipes de riposte, qui doivent à la fois contenir la propagation du virus, convaincre les populations d’accepter les mesures sanitaires et améliorer la prise en charge des malades. Déclarée officiellement à la mi-mai, cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC a déjà causé plus de 3 000 décès recensés. Partie de l’Ituri, dans le nord-est du pays, elle est liée à la souche Bundibugyo. À ce jour, aucun vaccin ni traitement n’est homologué spécifiquement contre cette souche, même si plusieurs candidats vaccins et traitements font l’objet d’essais, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI