La montée des eaux du lac Baringo pousse les crocodiles vers les zones habitées et de pêche. Face au risque d’affrontements avec les populations, les autorités kényanes ont lancé une opération pour capturer et déplacer une trentaine de reptiles.
Au Kenya, la montée des eaux du lac Baringo bouleverse l’équilibre entre populations et faune sauvage. Les crocodiles, contraints de modifier leur territoire, se rapprochent dangereusement des habitations et des zones de pêche.
Pour limiter les risques, le Kenya Wildlife Service (KWS) a lancé fin août une opération d’une semaine. Une trentaine de crocodiles, notamment les plus imposants, sont ciblés pour être capturés puis transférés vers des espaces protégés. Une première phase a déjà permis d’en déplacer environ 13.
Pour attirer les reptiles, les agents utilisent une méthode insolite : la diffusion de gémissements enregistrés d’un chien en détresse. Les crocodiles sont ensuite attirés vers un piège composé d’un filet et de poissons morts. Une fois capturé, l’animal est tiré hors de l’eau par un véhicule avant d’être maîtrisé par plusieurs agents. Selon le KWS, le lac compterait plus de 200 crocodiles. Sa superficie aurait, elle, augmenté de 70 % depuis 2010 pour atteindre environ 234 km², selon l’analyse d’images satellites.
Dans les villages riverains, les habitants dénoncent les dégâts causés aux filets de pêche et la peur suscitée par les reptiles. Mais certains redoutent aussi qu’une diminution de leur nombre nuise au tourisme local. Avec les nouvelles pluies annoncées, les autorités craignent une poursuite de la montée des eaux et une progression des crocodiles jusque dans les villages. Un défi de taille entre sécurité des populations, protection de la faune et adaptation au changement climatique.
Norbert MEGAN YAOVI