Les internautes gabonais peuvent de nouveau accéder à Facebook, TikTok, Instagram et YouTube depuis le samedi 24 octobre 2026. Après plus de huit mois de restrictions, la Haute Autorité de la communication (HAC) a annoncé la levée de la suspension, tout en maintenant de nouvelles exigences pour encadrer les activités en ligne.
Instaurée le 17 février 2026, la mesure avait été justifiée par le régulateur par la diffusion de contenus susceptibles, selon lui, d’exacerber les tensions dans le pays. Durant cette période, WhatsApp est resté accessible de manière intermittente, poussant certains utilisateurs à recourir aux réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner les restrictions. Pour la HAC, cette suspension devait permettre d’adapter le dispositif de régulation aux enjeux liés aux plateformes numériques. La reprise des activités s’accompagne désormais de nouvelles obligations, notamment l’identification formelle des utilisateurs, selon les dispositions annoncées par l’autorité.
Le régulateur entend ainsi renforcer l’encadrement des échanges numériques et poursuivre les discussions avec les grandes plateformes sur la modération des contenus. Toutefois, les modalités précises de mise en œuvre de ces exigences restent un enjeu important pour les utilisateurs. La suspension avait provoqué de vives critiques de l’opposition et des défenseurs des libertés numériques. Plusieurs recours engagés contre cette décision avaient été rejetés. Si la levée des restrictions marque un retour à l’accès aux principales plateformes sociales, elle ne dissipe pas toutes les inquiétudes. La collecte des données d’identification, la protection de la vie privée et les garanties relatives à la liberté d’expression restent au cœur des interrogations suscitées par ce nouveau cadre de régulation.
Norbert MEGAN YAOVI