Le Trésor public sud-africain a décidé de geler une dotation d’environ 200 millions de dollars destinée à Johannesburg, la plus grande métropole du pays, en raison de graves préoccupations liées à sa gestion financière. Cette mesure intervient à quelques mois des élections municipales et met en lumière les difficultés auxquelles est confrontée la capitale économique sud-africaine.
Comme chaque année au début du mois de juillet, qui marque l’ouverture du nouvel exercice financier des collectivités locales, l’État sud-africain procède au versement de dotations destinées aux municipalités. Toutefois, Johannesburg figure cette année parmi une soixantaine de villes dont une partie des fonds a été temporairement suspendue. Selon le Trésor public, cette décision vise à pousser la municipalité à assainir rapidement sa situation financière. La ville est confrontée à un déficit estimé à plus d’un milliard d’euros, tandis que ses infrastructures souffrent d’un manque chronique d’entretien. Les autorités nationales pointent également des problèmes récurrents de corruption ainsi que des dépenses jugées irrégulières ou inutiles.
Pour obtenir le déblocage des fonds, Johannesburg devra répondre à plusieurs exigences. La municipalité est notamment appelée à présenter un plan crédible de recouvrement de ses créances et de réduction de son endettement. Parmi ses principaux créanciers figure le fournisseur public d’électricité Eskom, auquel la ville doit d’importantes sommes. L’entreprise a, à plusieurs reprises, menacé d’interrompre l’approvisionnement en électricité en raison de ces impayés. Cette situation fragilise davantage le maire de Johannesburg, Dada Morero, membre du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC). Critiqué pour la dégradation des services publics et la détérioration de la gestion municipale, l’édile se retrouve sous une pression croissante à l’approche des élections locales. L’opposition, menée notamment par l’Alliance démocratique (DA), deuxième force politique du pays, entend faire de la relance de Johannesburg un thème central de sa campagne. Le parti affirme être en mesure de redresser la gouvernance de la ville et de restaurer la qualité des services essentiels. Le gel de cette importante dotation apparaît ainsi comme un avertissement adressé aux autorités municipales, mais aussi comme un enjeu politique majeur dans une ville considérée comme le moteur économique de l’Afrique du Sud, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI