Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement critiqué le projet des États-Unis visant à imposer une redevance aux navires empruntant le détroit d’Ormuz. Selon lui, une telle mesure relèverait de la « piraterie » et constituerait une violation des principes du droit international.
Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. Washington a récemment mené de nouvelles frappes contre l’Iran avant l’entrée en vigueur du blocus des ports iraniens. Dans le même temps, le président américain Donald Trump a annoncé son intention de prélever une somme équivalente à 20 % de la valeur des cargaisons transportées par les navires traversant le détroit, en contrepartie de la protection assurée par les États-Unis dans cette voie maritime stratégique. En déplacement à São Caetano do Sul, dans l’État de São Paulo, Lula a fermement rejeté cette initiative. « Autrefois, on appelait cela de la piraterie. Les États-Unis, qui ont longtemps combattu ce phénomène, ne peuvent pas aujourd’hui adopter les mêmes pratiques. Ils ne devraient pas faire payer le passage », a-t-il déclaré. Les relations entre Brasilia et Washington demeurent particulièrement tendues. Le chef de l’État brésilien accuse régulièrement Donald Trump d’interférer dans les affaires politiques du Brésil et de brandir la menace de nouvelles sanctions commerciales à l’encontre du pays.
Cette sortie médiatique s’inscrit également dans un contexte politique national. En campagne pour un quatrième mandat à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre, Lula cherche à consolider son électorat en affichant une opposition marquée au président américain. Ses critiques visent aussi indirectement son rival Flavio Bolsonaro, connu pour sa proximité avec Donald Trump. Par ailleurs, les tensions croissantes dans le détroit d’Ormuz commencent déjà à avoir des répercussions sur l’économie brésilienne. Selon CNN Brasil, les perturbations affectent l’approvisionnement en matières premières nécessaires à la production d’engrais, provoquant une hausse des coûts et alimentant les inquiétudes concernant la prochaine saison agricole, rapporte Kaweru Info.
Norbert MEGAN YAOVI