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‎Cameroun : Des récoltes insuffisantes aggravent la crise alimentaire

‎Les faibles perspectives de récolte continuent d’alimenter la crise alimentaire dans plusieurs régions du Cameroun. Selon le Réseau des systèmes d’alerte précoce pour la famine (FEWS NET), de nombreux ménages resteront en situation de crise alimentaire jusqu’en septembre 2026, en raison de productions agricoles insuffisantes pour couvrir leurs besoins essentiels.

‎Dans la région de l’Extrême-Nord, notamment dans les départements du Logone-et-Chari, du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga, l’insécurité persistante liée aux attaques de groupes armés, dont l’Iswap, a fortement perturbé les activités agricoles. De nombreuses familles n’ont pas pu préparer correctement leurs terres pour la principale campagne agricole, compromettant ainsi les récoltes attendues. La situation est aggravée par la faiblesse des revenus tirés des cultures de contre-saison, tandis que la période de soudure, qui s’étend de juin à août, entraîne une hausse des prix des denrées alimentaires. À cela s’ajoute le risque d’inondations saisonnières prévu en juillet, susceptible d’accentuer les déplacements de populations et de prolonger la précarité jusqu’en octobre 2026. Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les récoltes de maïs, de haricots, de pommes de terre et de légumineuses attendues en juin devraient offrir un répit temporaire aux populations. Toutefois, dans les départements les plus touchés par les violences des groupes séparatistes, notamment le Ndian, le Lebialem, le Menchum, le Momo et le Bui, de nombreux ménages continueront de faire face à une insécurité alimentaire préoccupante.

‎Les difficultés ne se limitent pas aux zones rurales. À Yaoundé et Douala, les ménages les plus pauvres ainsi que les personnes déplacées subissent de plein fouet la hausse du coût de la vie. L’augmentation des prix des produits alimentaires, alimentée notamment par la hausse des coûts mondiaux du transport, réduit davantage leur pouvoir d’achat. Selon le Réseau des systèmes d’alerte précoce pour la famine, les besoins en assistance alimentaire atteignent actuellement leur niveau le plus élevé à l’échelle nationale. Cependant, les organisations humanitaires sont confrontées à un manque de financement qui limite leur capacité à répondre efficacement aux besoins des populations. ‎D’après les évaluations réalisées par le Programme alimentaire mondial (PAM) et les autorités camerounaises, près de 2,9 millions de personnes pourraient être touchées par l’insécurité alimentaire au Cameroun en 2026, soulignant l’urgence de renforcer les actions humanitaires et les mécanismes de soutien aux populations les plus vulnérables, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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