Les États-Unis ont renforcé jeudi leur pression sur Cuba en imposant de nouvelles sanctions économiques visant plusieurs personnalités de premier plan du régime, dont le président Miguel Diaz-Canel ainsi que des membres de la famille Castro.

Selon le département américain du Trésor, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de durcissement à l’égard de La Havane. Les personnes visées voient leurs avoirs éventuellement détenus aux États-Unis gelés et toute transaction avec des citoyens ou entreprises américaines interdite. Le président cubain était déjà sous sanctions depuis juillet 2025, Washington l’accusant d’avoir participé à la répression de manifestations en 2021. Cette nouvelle série de mesures élargit la pression à plusieurs proches du pouvoir, dont des membres de la famille de l’ancien dirigeant Raul Castro, âgé de 95 ans et toujours influent dans les cercles décisionnels du pays. Parmi les personnes sanctionnées figurent également Alejandro Castro Espín, fils de Raul Castro, ainsi que Lis Cuesta, épouse du président Diaz-Canel, et son fils. Le ministère des Forces armées révolutionnaires cubaines est également concerné par ces restrictions. Ces décisions ont été vivement dénoncées par La Havane. Le président Diaz-Canel a accusé Washington de chercher à « renforcer le blocus » et d’alimenter un climat de confrontation entre les deux pays.
Du côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio, lui-même d’origine cubaine et critique de longue date du régime, affirme que ces mesures visent à affaiblir ce qu’il qualifie de « cartel militaire » contrôlant l’économie de l’île via le groupe GAESA. Les tensions s’inscrivent dans un contexte de relations historiquement dégradées entre les deux pays, marquées par un embargo américain en place depuis 1962. Washington accuse notamment le régime cubain de répression politique et de contrôle économique centralisé, tandis que La Havane dénonce un blocus responsable de la crise économique. Le président américain Donald Trump a de nouveau durci le ton, affirmant vouloir « s’occuper » de l’île communiste, qu’il considère comme une menace pour la sécurité nationale américaine en raison de sa proximité avec la Floride. Ces nouvelles sanctions interviennent alors que plusieurs entreprises internationales se retirent progressivement du marché cubain, notamment dans le secteur touristique, par crainte de répercussions américaines. Le système financier cubain subit également des restrictions croissantes, avec des limitations sur les paiements internationaux. Dans un climat de tensions persistantes, aucune perspective d’apaisement rapide ne semble se dessiner entre United States et Cuba, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI