Au moins 109 migrants, dont 15 enfants, ont péri dans le naufrage d’une embarcation au large de Djibouti, dans la nuit du 8 au 9 octobre 2026. Plus de 116 personnes sont toujours portées disparues, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuels survivants.
Le drame s’est produit près de Guhere, au nord d’Obock, alors que l’embarcation transportait environ 350 personnes de Djibouti vers le Yémen. D’après les témoignages recueillis auprès des rescapés, le bateau a chaviré en pleine traversée. Le bilan provisoire fait état de 109 corps retrouvés, dont 52 hommes, 42 femmes et 15 enfants, parmi lesquels neuf filles et six garçons. Plus de 80 personnes ont survécu. Toutes sont de nationalité éthiopienne.
L’OIM travaille avec les autorités djiboutiennes pour porter assistance aux rescapés. À son centre d’aide aux migrants d’Obock, 64 survivants bénéficient actuellement de soins médicaux, d’un hébergement temporaire et d’une aide alimentaire. « Cette tragédie nous rappelle brutalement les dangers auxquels sont exposés les migrants le long de cette route migratoire », a déclaré Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti. Face à ce drame, l’organisation appelle à renforcer les moyens consacrés aux opérations de sauvetage et à l’assistance d’urgence, tout en plaidant pour des voies de migration plus sûres.
La route de l’Est, un itinéraire meurtrier
Chaque année, des dizaines de milliers de personnes originaires de la Corne de l’Afrique traversent Djibouti pour rejoindre le Yémen, en franchissant le détroit de Bab el-Mandeb. Beaucoup espèrent ensuite gagner les pays du Golfe pour trouver un emploi et de meilleures conditions de vie. La pauvreté, l’insécurité et les effets du changement climatique figurent parmi les principaux facteurs qui poussent ces migrants à entreprendre ce périple, malgré les dangers de la traversée et l’instabilité persistante au Yémen.
Selon les données de l’OIM, plus de 20 000 arrivées de migrants éthiopiens ont été enregistrées à Djibouti depuis le 10 septembre 2026. Entre le 1er janvier et le 1er octobre, l’organisation en avait recensé environ 178 000 en provenance d’Éthiopie. Les migrants empruntant ces itinéraires sont majoritairement éthiopiens ou somaliens. En 2025, plus de 900 personnes sont mortes ou ont disparu sur cette route migratoire reliant la Corne de l’Afrique au Yémen via Djibouti. L’OIM fait également état d’une hausse de 18 % du nombre de personnes empruntant cet itinéraire sur la période considérée.