Face à la progression de l’épidémie d’Ebola sur son territoire, la République démocratique du Congo (RDC) a décidé d’instaurer une quarantaine obligatoire de 21 jours pour les voyageurs en provenance des zones affectées par la maladie. L’annonce a été faite jeudi par les autorités congolaises, qui entendent ainsi renforcer les mesures de prévention et limiter les risques de propagation du virus.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une augmentation continue du nombre de cas. Selon le dernier bulletin épidémiologique publié par le ministère de la Santé, le pays compte désormais 1 118 cas confirmés, dont 291 décès depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai. Le taux de létalité est estimé à 26 %. L’épidémie est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola et affecte actuellement 34 zones de santé réparties dans trois provinces : l’Ituri, principal foyer de la crise, ainsi que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Les autorités précisent que la mesure de quarantaine concerne aussi bien les déplacements à l’intérieur du pays que les voyageurs souhaitant se rendre à l’étranger. Cette décision intervient également après la détection récente d’un cas d’Ebola en France. Dans un communiqué, le ministère de la Communication a expliqué que cette restriction vise à « renforcer les dispositifs de santé publique déjà en place, à réduire les risques de propagation et à assurer une prise en charge rigoureuse des personnes potentiellement exposées ».
Le gouvernement congolais a réaffirmé sa détermination à protéger la population et à soutenir les équipes mobilisées sur le terrain. Les autorités assurent que les opérations de riposte ont été intensifiées en coordination avec les partenaires nationaux et internationaux. Mercredi, à Genève, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué le renforcement significatif de la réponse sanitaire menée sous la direction du gouvernement congolais depuis le début de l’épidémie. La situation demeure également sous surveillance dans les pays voisins. En Ouganda, les autorités sanitaires ont signalé dimanche un nouveau cas, le premier enregistré depuis deux semaines, portant le bilan national à 20 cas confirmés et deux décès. Selon Kampala, toutes les infections recensées dans le pays sont liées à l’épidémie qui sévit en RDC. Par ailleurs, la France a confirmé mercredi son premier cas d’Ebola après qu’un travailleur humanitaire a été testé positif à son retour de la RDC, renforçant les inquiétudes quant au risque de propagation transfrontalière du virus, rapporte Trt.
Norbert MEGAN YAOVI