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‎Éthiopie : Une campagne électorale sous tension

‎À quelques jours des élections législatives prévues le 1er juin 2026, le climat politique et sécuritaire reste extrêmement tendu en Éthiopie. Ce scrutin, considéré comme le plus important du pays, doit permettre aux quelque 50 millions d’électeurs inscrits de désigner leurs représentants à la Chambre des représentants, lesquels choisiront ensuite le futur Premier ministre. L’actuel chef du gouvernement, Abiy Ahmed, brigue à cette occasion un troisième mandat de cinq ans.

‎Mais l’organisation du vote est loin de faire l’unanimité. Depuis le lancement de la campagne électorale, plusieurs régions du pays sont le théâtre de violences récurrentes et d’une forte instabilité sécuritaire, alimentant les inquiétudes de nombreux partis d’opposition quant à la crédibilité du scrutin. ‎Dans les régions de l’Amhara et de l’Oromia, les deux plus vastes du pays, les affrontements entre milices locales et armée fédérale se poursuivent régulièrement. Au nord, la situation demeure également préoccupante dans la région du Tigré, où les tensions connaissent une nouvelle aggravation après la guerre qui avait opposé, entre 2020 et 2022, le Front de libération du peuple du Tigré aux forces gouvernementales. En raison de cette instabilité persistante, les élections ne pourront pas s’y tenir. ‎Face à ce contexte, plusieurs formations politiques dénoncent des conditions incompatibles avec la tenue d’un scrutin libre et apaisé. Bien que 47 partis d’opposition aient officiellement enregistré leur participation, beaucoup affirment avoir mené campagne dans un environnement marqué par les intimidations, le harcèlement et des inégalités importantes de traitement. ‎Les critiques visent notamment le Parti de la prospérité, la formation au pouvoir dirigée par Abiy Ahmed. Détenant plus de 80 % des sièges au Parlement, le parti est accusé par ses adversaires de bénéficier d’un accès privilégié aux médias publics et d’utiliser les ressources de l’État au profit de la campagne du Premier ministre. ‎Dans ce contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires, le scrutin du 1er juin apparaît comme un test majeur pour la stabilité démocratique de l’Éthiopie, alors que le pays demeure profondément fragilisé par plusieurs années de conflits internes et de divisions politiques, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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