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‎Guinée : Une campagne sans opposition

‎À dix jours des élections législatives et communales prévues le 31 mai, la campagne électorale peine à mobiliser en Guinée. Malgré les importants moyens déployés par les autorités dans le cadre du retour à l’ordre constitutionnel, l’absence d’une grande partie de l’opposition donne à cette séquence politique une allure atone.

‎Ces scrutins, organisés dans la continuité de l’élection présidentielle et de la transition politique, doivent permettre l’élection de 147 députés et de 342 maires à travers le pays. Un temps suspendu, le Frondeg a finalement été partiellement réintégré dans le processus électoral à la suite d’une décision de la Cour suprême. Toutefois, son président, Abdoulaye Yéro Baldé, déplore une campagne marquée par un manque d’enthousiasme populaire et des irrégularités dans le processus. ‎Selon lui, l’absence de véritable compétition politique traduit un recul démocratique. Il estime notamment que les règles encadrant le scrutin ne sont pas respectées et que l’égalité entre les candidats n’est pas garantie. En mars dernier, plusieurs partis historiques guinéens avaient été dissous pour non-conformité à la nouvelle législation sur les partis politiques. Parmi eux figurent les principales formations d’opposition, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) et l’Union des forces républicaines (UFR).

‎Au total, quarante partis ont été concernés par cette mesure. Les autorités leur avaient accordé jusqu’au 25 mai pour mettre à jour leurs statuts, organiser des congrès de conformité et fournir des justificatifs de présence dans les différentes préfectures du pays. ‎Pour l’analyste politique Nfaly Guilavogui, cette situation soulève des inquiétudes quant à l’équilibre démocratique du pays. Il estime qu’un scrutin organisé sans véritable diversité politique risque de renforcer excessivement le pouvoir en place et de fragiliser la légitimité des institutions. ‎Alors que ces élections sont présentées comme une étape majeure vers la fin de la transition, plusieurs observateurs redoutent qu’elles se déroulent dans un climat de faible adhésion populaire et sans réelle confrontation démocratique, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI 

redacteur3.0

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