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Hongrie : Le président Tamás Sulyok menacé de destitution

Le Parlement hongrois doit se prononcer ce lundi 13 juillet sur le 17ᵉ amendement de la Constitution. Derrière cette révision se cache en réalité un ensemble de modifications, dont l’une prévoit la fin immédiate du mandat du président de la République. Le texte est sans ambiguïté : « Le mandat du président prend fin dès l’entrée en vigueur du présent amendement. » ‎Le Premier ministre Péter Magyar défend cette mesure exceptionnelle en invoquant une « perte grave de confiance » de la population à l’égard de Tamás Sulyok. Il accuse également le chef de l’État d’être une simple « marionnette » de Viktor Orbán.

‎Face aux critiques du Fidesz, le parti de l’ancien Premier ministre, qui a annoncé son boycott du vote, ainsi qu’aux réserves exprimées par plusieurs juristes et défenseurs de l’État de droit, Péter Magyar a choisi de durcir le ton contre le président. ‎Dans les derniers jours, le chef du gouvernement a multiplié les attaques contre Tamás Sulyok. Il lui reproche notamment d’avoir gaspillé des fonds publics lors d’un déplacement aux États-Unis en janvier dernier. Selon lui, ce voyage, qui aurait coûté près de 500 000 euros aux contribuables hongrois, s’est limité à des activités touristiques et à des rencontres avec des membres de la diaspora hongroise, sans aucun entretien officiel avec des responsables américains. Si la fonction présidentielle en Hongrie demeure essentiellement protocolaire, Tamás Sulyok est considéré comme un proche allié de Viktor Orbán. Péter Magyar, qui a promis de mettre fin à l’influence de l’ancienne élite politique, présente donc son départ comme une étape importante vers le changement qu’il souhaite instaurer.

‎Selon le Premier ministre, une large partie de l’opinion publique souhaite voir Viktor Orbán répondre devant la justice d’accusations d’abus de pouvoir et de corruption. Cependant, de telles procédures prendraient du temps. Dans cette perspective, l’éviction du président apparaît comme un geste symbolique fort, susceptible de répondre rapidement aux attentes d’une partie de la population. ‎Cette offensive vise également à prévenir toute crise institutionnelle dans l’hypothèse où Tamás Sulyok refuserait de quitter ses fonctions malgré l’adoption de l’amendement par les députés, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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