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Mali : 14 suspects arrêtés pour trafic présumé de sang

Kayes a été le théâtre de deux opérations policières distinctes en l’espace de quelques semaines. Au total, 14 personnes ont été interpellées dans des affaires présumées de collecte et de commercialisation clandestines de sang humain.

À Kayes, dans l’ouest du Mali, la police enquête sur deux affaires distinctes liées à la collecte et à la revente présumées de sang humain. La plus récente a conduit à l’interpellation de huit personnes le 28 septembre 2026 dans le quartier de Bencounda, dans le cadre de l’opération « Kokadjè ».

L’intervention fait suite à une dénonciation anonyme signalant des activités suspectes. Les policiers ont interpellé un homme de 38 ans alors qu’il procédait, selon les enquêteurs, à un prélèvement sanguin à son domicile. Sept autres personnes, âgées de 17 à 37 ans, ont ensuite été arrêtées. Du matériel de prélèvement et des poches de sang ont été saisis. Les huit suspects ont été présentés à la justice le 1er octobre. Selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par la presse malienne, le principal suspect aurait effectué des prélèvements en dehors de tout cadre médical avant de revendre le sang à des familles de patients ayant besoin de transfusions. Les investigations se poursuivent afin de déterminer précisément la destination du sang et d’identifier d’éventuels complices.

Une première affaire en août

Cette procédure intervient quelques semaines après une première affaire. Le 21 août, le Commissariat spécial du chemin de fer de Kayes avait interpellé six personnes après la découverte d’une poche de sang d’origine jugée douteuse. Celle-ci était destinée à une patiente devant subir des séances de dialyse. Les premières investigations avaient alors fait apparaître un système présumé de collecte et de revente. Certaines poches auraient été vendues jusqu’à 55 000 francs CFA, tandis que les donneurs auraient reçu environ 16 000 francs CFA par prélèvement. Les six suspects avaient été remis à la justice.

Le sang n’est pas une marchandise

Au Mali, la réglementation encadre strictement le prélèvement et la distribution du sang. Un texte officiel réserve ces opérations au Centre national de transfusion sanguine (CNTS), à ses structures déconcentrées et au service de santé des Armées. Il prévoit également que les donneurs soient bénévoles et non rémunérés. Le CNTS rappelle de son côté que le sang est gratuit et que les poches doivent être délivrées par le CNTS ou par une banque de sang habilitée. Les contrôles de compatibilité et la traçabilité sont notamment destinés à garantir la sécurité des patients. En 2024, le CNTS a enregistré 69 503 dons de sang, selon les données communiquées par le ministère malien de la Santé. Les deux affaires de Kayes demeurent distinctes et suivent leur cours devant la justice, rapporte Kaweru.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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