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‎New York: Un militant tibétain s’immole par le feu devant le siège de l’ONU

‎Un militant tibétain est décédé après s’être immolé par le feu jeudi 2 juillet devant le siège des Nations unies à New York. Identifié comme Lobga Ranzen, il est présenté par plusieurs organisations de soutien au Tibet comme un « infatigable militant ». Son geste, largement relayé sur les réseaux sociaux, intervient au lendemain de l’entrée en vigueur en Chine d’une nouvelle loi sur l’unité ethnique, vivement critiquée par des organisations de défense des droits humains.

‎Selon les images diffusées en ligne, Lobga Ranzen s’est avancé devant le siège de l’ONU, tenant un drapeau tibétain, avant de s’asperger d’un liquide inflammable et de s’immoler. Une vidéo de la scène ainsi qu’un texte présenté comme son testament ont été publiés sur les réseaux sociaux peu après les faits. ‎Pour de nombreux militants tibétains, l’immolation constitue une forme extrême de protestation contre la politique menée par Pékin au Tibet. Interrogée par RFI, l’ethnologue et spécialiste du Tibet, Katia Buffetrille, rappelle qu’il s’agit du 161ᵉ cas d’immolation recensé parmi les Tibétains. Elle souligne également qu’il s’agit de la première immolation d’un Tibétain en dehors du Tibet, de l’Inde et du Népal. ‎Au cœur de cette mobilisation figure la nouvelle loi chinoise sur l’unité ethnique. Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, ce texte renforcerait les politiques d’assimilation culturelle en favorisant la généralisation du mandarin dans l’enseignement et en réduisant la place des langues et des traditions des minorités, notamment tibétaine, ouïghoure et mongole.

‎Katia Buffetrille estime que cette législation marque une nouvelle étape dans l’effacement des identités culturelles des minorités. D’après elle, la scolarisation des enfants en mandarin dès le plus jeune âge et les restrictions visant les pratiques culturelles et religieuses menacent directement la préservation des langues et des traditions locales. ‎Les autorités chinoises rejettent toutefois ces accusations. Pékin affirme que la loi vise uniquement à renforcer la cohésion nationale et à promouvoir l’unité entre les différentes ethnies reconnues par l’État. La Chine reconnaît officiellement 55 minorités ethniques sur son territoire et défend sa politique linguistique comme un moyen de favoriser le développement économique et l’intégration nationale. ‎Le Tibet est sous contrôle chinois depuis l’intervention militaire de 1950. Depuis plusieurs décennies, les questions relatives aux droits culturels, linguistiques et religieux de la population tibétaine continuent d’alimenter les tensions entre les autorités chinoises et les organisations internationales de défense des droits humains, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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