Le chanteur franco-congolais Gims a été placé en garde à vue le 25 mars à son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, dans le cadre d’une enquête pour blanchiment en bande organisée, selon le parquet national anti-criminalité organisée.
D’après les éléments révélés par Africa Intelligence, l’affaire porte sur un réseau international de blanchiment reposant sur des sociétés écrans. Ce dispositif aurait permis de contourner la TVA, d’émettre de fausses factures et de dissimuler l’origine de fonds issus d’activités illégales. Plusieurs acteurs seraient déjà impliqués, dont d’anciens trafiquants reconvertis dans la criminalité financière. Les investigations visent à retracer les flux financiers et à identifier les mécanismes utilisés pour échapper aux obligations fiscales.
Un projet immobilier de luxe dans le viseur
Au cœur de l’enquête figure un projet immobilier porté par Gims à Marrakech, baptisé Sunset Village Private Residences. Ce programme prévoit la construction de 117 villas haut de gamme autour d’un lagon artificiel de 3 000 m², avec des infrastructures de standing telles que spa, sauna et équipements sportifs. Le chiffre d’affaires potentiel de ce projet est estimé à près de 100 millions d’euros, ce qui en fait une opération significative dans le segment de l’immobilier de luxe au Maroc. Les autorités cherchent à déterminer si ce projet a pu servir de vecteur à des flux financiers illicites. Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les risques liés à l’utilisation de structures complexes dans les investissements internationaux, notamment dans l’immobilier de prestige. Ce secteur, souvent attractif pour les capitaux étrangers, peut également être exposé à des pratiques de blanchiment si les contrôles sont insuffisants.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été communiquée par l’avocat de Gims. L’enquête se poursuit afin de clarifier le rôle exact de l’artiste dans ce dossier et d’évaluer l’ampleur des flux financiers en jeu.