Le Maroc entend maintenir un niveau élevé d’investissement public en 2027. Selon la note de présentation du projet de loi de finances (PLF), l’investissement public global devrait atteindre 400 milliards de dirhams, dont 251 milliards mobilisés par les établissements et entreprises publics, y compris le Fonds Mohammed VI pour l’investissement.
Cette enveloppe prévisionnelle ambitieuse s’inscrit dans un cadre budgétaire marqué par la volonté de contenir le déficit à 3 % du produit intérieur brut (PIB). Au-delà des montants annoncés, l’enjeu sera de traduire cet effort financier en projets achevés, en emplois créés et en services publics améliorés dans l’ensemble des régions du Royaume. L’investissement public doit soutenir les principaux projets structurants du pays. La note du PLF présente notamment la Coupe du monde 2030 comme un accélérateur de cette dynamique, avec des investissements destinés à renforcer les infrastructures et la connectivité.
Le secteur aéroportuaire bénéficiera ainsi d’un programme de 38 milliards de dirhams, avec pour objectif de porter la capacité d’accueil à 80 millions de passagers à l’horizon 2030. Dans le ferroviaire, un programme de 96 milliards de dirhams est prévu sur la période 2024-2030, notamment pour prolonger la ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech. La gestion de l’eau figure également parmi les priorités. Les capacités de stockage des barrages devraient dépasser 24 milliards de mètres cubes à la fin de 2027, tandis que la production issue du dessalement de l’eau de mer devrait atteindre 1,8 milliard de mètres cubes par an d’ici à 2031. Par ailleurs, les programmes territoriaux bénéficieront de 25 milliards de dirhams de crédits en 2027. Selon Reuters, le gouvernement entend préserver un déficit budgétaire de 3 % du PIB, malgré l’augmentation des dépenses sociales et les réductions d’impôts annoncées.
Des résultats attendus dans toutes les régions
Si les montants annoncés témoignent de l’ampleur de l’effort envisagé, leur portée dépendra avant tout de leur exécution. Le respect des calendriers, la livraison effective des infrastructures, les créations d’emplois et l’amélioration des services publics constitueront autant d’indicateurs pour apprécier les résultats de cette politique. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de créer au moins un million d’emplois au cours de son mandat, en s’appuyant notamment sur la dynamique liée à la Coupe du monde 2030 et sur le cycle d’investissement engagé.
Dans cette perspective, la publication régulière d’indicateurs de réalisation par secteur et par région sera déterminante pour mesurer les retombées concrètes des 400 milliards de dirhams prévus. L’efficacité de cet investissement public se jugera ainsi à sa capacité à soutenir la croissance, à favoriser la création d’emplois et à réduire les disparités territoriales.