Le Sénat de la République démocratique du Congo a déclaré recevable, le 7 juillet 2026, le projet de loi de finances rectificative présenté par le vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito. Malgré une réduction globale des prévisions budgétaires de l’État, le gouvernement maintient la défense et la sécurité au rang de priorités nationales.
Le budget rectificatif est fixé à 21,9 milliards de dollars américains, contre un niveau plus élevé prévu dans la loi de finances initiale. Cette révision à la baisse, estimée à 7,4 %, s’explique principalement par le recul des financements et ressources extérieures. Devant les sénateurs, Adolphe Muzito a souligné que les principaux ajustements budgétaires visaient à renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité. Parmi les secteurs concernés figurent notamment la construction et la réhabilitation de logements destinés aux policiers, l’amélioration de leurs moyens de transport ainsi que le développement des infrastructures militaires, notamment les casernes. Selon le rapport de la commission économique et financière de l’Assemblée nationale, les dépenses consacrées à la sécurité enregistrent une hausse de 31,4 % dans le cadre de ce collectif budgétaire. Cette augmentation a pour objectif de consolider l’appui apporté aux forces armées et aux services de sécurité confrontés à des défis croissants.
Lors de son audition, le vice-Premier ministre a même évoqué une progression de 34,4 % des crédits alloués à ce secteur. Il a justifié cet effort financier par la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’est du pays, où plusieurs foyers de crise continuent de menacer la stabilité nationale. Toutefois, cette orientation budgétaire n’a pas fait l’unanimité au sein de la chambre haute du Parlement. Certains sénateurs ont salué le renforcement des moyens accordés à la défense nationale, tout en exprimant des préoccupations quant à l’absence de mécanismes supplémentaires de contrôle parlementaire des dépenses sécuritaires. Le projet de loi de finances rectificative poursuit désormais son parcours institutionnel, alors que les autorités cherchent à concilier contraintes budgétaires et impératifs de sécurité dans un contexte économique et sécuritaire particulièrement exigeant, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI