Les États-Unis prévoient de mettre fin, à partir de la fin de l’année 2026, à leur soutien financier au Bureau d’appui des Nations unies en Somalie (UNSOS), une décision qui pourrait fragiliser considérablement la Mission de l’Union africaine pour la stabilisation et le soutien aux opérations en Somalie (AUSSOM).
Selon des documents diplomatiques consultés par RFI, Washington a informé l’Union africaine (UA) qu’il ne poursuivrait pas le financement de l’UNSOS au-delà de cette échéance. Cette structure assure un appui logistique indispensable aux quelque 12 000 soldats de l’AUSSOM déployés pour soutenir le gouvernement somalien dans sa lutte contre les combattants d’al-Shebab, affiliés à al-Qaïda. Au cours des dernières années, les États-Unis ont consacré près de deux milliards de dollars au financement de l’UNSOS et de son prédécesseur. Les autorités américaines estiment toutefois que cet investissement n’a pas produit les résultats escomptés en matière de stabilisation du pays. Dans une correspondance adressée à l’Union africaine, la diplomatie américaine met notamment en cause les rivalités politiques et les divisions entre les dirigeants somaliens. Selon Washington, ces tensions internes réduisent l’efficacité de l’aide internationale et freinent les progrès attendus. Les États-Unis précisent néanmoins qu’ils ne s’opposeront pas au renouvellement du mandat de l’AUSSOM devant le Conseil de sécurité des Nations unies. En revanche, l’absence de leur soutien financier et logistique pourrait compromettre la poursuite des opérations de la mission, à moins que de nouveaux partenaires internationaux ne prennent le relais.
En 2025, l’AUSSOM a fonctionné avec un budget de 190 millions de dollars, tandis que celui de l’UNSOS s’élevait à 500 millions de dollars. Le Bureau des Nations unies fournit notamment des vivres, du carburant, des services médicaux, des moyens de transport et d’autres ressources essentielles au déploiement des forces africaines. Sans cet appui, la capacité de l’Union africaine à accompagner le gouvernement de Mogadiscio dans sa lutte contre al-Shebab pourrait être sérieusement affectée. Le groupe armé contrôle encore de vastes territoires dans le sud et le centre de la Somalie, malgré les offensives menées ces dernières années. Face à cette situation, une session extraordinaire de la Commission de l’Union africaine est prévue ce vendredi à Addis-Abeba afin d’évaluer les conséquences de l’annonce américaine et d’examiner les solutions envisageables. La Somalie demeure confrontée à une instabilité politique persistante depuis la chute du président Mohamed Siad Barre en 1991. À cette fragilité institutionnelle s’ajoute, depuis plus de deux décennies, l’insurrection menée par les Shebabs, qui continue de représenter l’une des principales menaces pour la sécurité du pays et de la région, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI