La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a participé à une réunion des ministres de la Défense de l’Union européenne tenue à Chypre. Les discussions ont notamment porté sur les enjeux sécuritaires liés à la guerre en Ukraine et aux tensions croissantes au Moyen-Orient.

Au sujet du conflit ukrainien, Kaja Kallas a estimé que la situation évoluait de manière défavorable pour la Russie. Selon elle, les sanctions imposées par les pays occidentaux ont déjà engendré des pertes économiques considérables pour Moscou, évaluées entre 1,2 et 1,5 billion de dollars. Dans cette dynamique, elle a annoncé la préparation de plus de 80 nouvelles mesures restrictives visant le complexe militaro-industriel russe, plusieurs personnalités accusées de violations des droits humains ainsi que des acteurs de la propagande pro-russe. La cheffe de la diplomatie européenne a également évoqué la question de la « flotte fantôme », un réseau de navires utilisé pour contourner les sanctions visant les exportations pétrolières russes. Elle a salué les efforts conjoints des États membres et des forces navales européennes, affirmant que ces opérations rendent les activités de cette flotte de plus en plus complexes et coûteuses. Elle a notamment cité les récentes interceptions de navires réalisées par la France et la Suède, selon les informations relayées par Kaweru Infos.
Abordant la situation au Moyen-Orient, Kaja Kallas a exprimé ses inquiétudes face aux tensions persistantes entre Israël et l’Iran. Elle a averti que toute escalade pourrait fragiliser davantage la stabilité régionale et a appelé les différentes parties à privilégier la voie du dialogue et des négociations. La responsable européenne a également attiré l’attention sur les menaces croissantes pesant sur la liberté de navigation, en particulier dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie. Enfin, elle a annoncé l’adoption par l’Union européenne de nouvelles sanctions ciblant des personnes et des entités iraniennes accusées d’être impliquées dans des perturbations maritimes. Il s’agit, selon elle, des premières mesures prises dans le cadre du nouveau régime européen de sanctions consacré à la protection de la liberté de navigation. Cette réunion a permis aux États membres de réaffirmer leur unité face aux défis sécuritaires internationaux et leur volonté de renforcer les mécanismes de stabilité et de sécurité dans les régions concernées.
Norbert MEGAN YAOVI