Le Maroc confirme son ascension parmi les destinations industrielles les plus stratégiques au monde. Selon une enquête récente de Business Insider Africa, près de 6 milliards de dollars d’investissements ont été engagés par des groupes chinois pour y développer un écosystème complet dédié aux véhicules électriques, consolidant ainsi la position du Royaume au cœur des chaînes d’approvisionnement mondiales de la mobilité verte.

Parmi les projets les plus emblématiques figure la construction d’une gigantesque usine de batteries, ou « gigafactory », représentant à elle seule un investissement estimé à 1,3 milliard de dollars. Cette infrastructure s’inscrit dans une dynamique plus large qui transforme progressivement le Maroc en plateforme industrielle incontournable entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie. Les analyses du Stimson Center confirment cette évolution. Le think tank américain considère désormais le Royaume comme l’un des piliers de l’expansion industrielle verte de la Chine, dans le cadre de sa stratégie internationale de développement des infrastructures et des chaînes de valeur liées à la transition énergétique. Cette montée en puissance dépasse toutefois le seul cadre des relations sino-marocaines. Grâce à sa proximité géographique avec l’Europe, à ses accords de libre-échange et à la qualité croissante de ses infrastructures, le Maroc apparaît aujourd’hui comme un point d’ancrage privilégié pour les industriels souhaitant accéder aux marchés internationaux des véhicules électriques.
Pour les experts, cette dynamique place le Royaume au centre d’une compétition économique mondiale impliquant les États-Unis, la Chine et l’Union européenne, tous engagés dans une course stratégique pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement des technologies vertes de demain. Les retombées économiques attendues sont considérables : création d’emplois qualifiés, développement des compétences locales, transfert de technologies et accélération de l’industrialisation. Le secteur des batteries, considéré comme l’un des plus stratégiques de la transition énergétique mondiale, pourrait ainsi devenir un nouveau moteur de croissance pour l’économie marocaine. Face à cette nouvelle donne, Rabat met en avant une vision fondée sur la diversification des partenariats internationaux. L’objectif affiché est de faire du Maroc une destination mondiale d’investissement, capable d’attirer des capitaux provenant de différentes puissances économiques plutôt que de dépendre d’un seul partenaire. Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’attractivité du Royaume à l’approche de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Dans ce contexte, le développement d’industries à forte valeur ajoutée contribue à projeter l’image d’un pays en pleine transformation, capable de jouer un rôle central dans les grandes mutations économiques du XXIe siècle. Alors que la demande mondiale en véhicules électriques s’accélère, le Maroc apparaît de plus en plus comme un acteur clé de la nouvelle économie verte. Une position qui pourrait faire du Royaume l’un des grands gagnants de la recomposition industrielle actuellement à l’œuvre à l’échelle mondiale.
Norbert MEGAN YAOVI