Haïti est une nouvelle fois endeuillée par une attaque de groupes armés. Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026, des gangs ont lancé un assaut contre Kenscoff, une commune située sur les hauteurs de Pétion-Ville, au sud de Port-au-Prince. Le bilan provisoire dépasse les 40 morts, selon les autorités locales citées par l’AFP.
Le maire de Kenscoff, Massillon Jean, a décrit une « nuit de terreur ». Les assaillants auraient notamment investi un camp de personnes déplacées installé dans une église. Plusieurs habitants ont été tués, tandis que des dizaines d’autres ont été blessés. Des personnes restent également portées disparues.
Au lendemain de l’attaque, des corps étaient encore visibles dans certaines rues de la commune. Sous le choc, les habitants recherchaient leurs proches et tentaient de mesurer l’ampleur du drame.
Parmi les victimes figure le mari de Marlène, une mère de cinq enfants. Selon son témoignage, des hommes armés ont forcé l’entrée de son domicile avant d’emmener son époux. Son frère a également été tué. Cette attaque témoigne de l’expansion des groupes armés dans cette partie de l’agglomération de Port-au-Prince. Longtemps considérée comme relativement épargnée par les violences, Kenscoff fait depuis plusieurs mois face aux tentatives d’implantation des gangs.
Des renforts annoncés
Face à la gravité de la situation, le gouvernement haïtien a annoncé le déploiement de renforts à Kenscoff pour tenter de rétablir la sécurité. Le bureau du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a également exprimé sa « profonde compassion » aux victimes et à leurs familles.
Ces annonces ne suffisent toutefois pas à rassurer une population déjà éprouvée par plusieurs années de violences. Les affrontements entre groupes armés ont provoqué d’importants déplacements de population et aggravé la crise sécuritaire en Haïti. À Kenscoff, le défi est désormais de contenir l’avancée des gangs et d’empêcher leur implantation durable dans cette zone stratégique, située aux portes de la capitale.
Norbert MEGAN YAOVI