Le Premier ministre du Canada, Mark Carney, a vivement critiqué le projet de référendum sur l’indépendance de l’Alberta, qualifiant cette initiative de « bluff très dangereux » pour l’unité du pays.

La controverse intervient après le dépôt, au début du mois, d’une pétition réunissant près de 300 000 signatures d’habitants favorables à l’organisation d’un référendum séparatiste dans cette province de l’Ouest canadien. Bien qu’une décision de justice ait invalidé cette pétition, la dirigeante conservatrice de l’Alberta a confirmé la tenue d’une consultation populaire prévue en octobre 2026. Pour Mark Carney, cette démarche rappelle le référendum sur le Brexit. Le chef du gouvernement estime que les conséquences du vote britannique en faveur de la sortie de l’Union européenne continuent de peser sur le United Kingdom. Selon lui, ce type de consultation peut entraîner des divisions durables et des choix dont les électeurs ne mesurent pas toujours les implications. Le gouvernement fédéral s’interroge également sur la formulation de la question qui devrait être soumise aux Albertains. Plusieurs analystes jugent l’intitulé complexe et potentiellement source de confusion. Ottawa a ainsi annoncé vouloir examiner cette formulation afin d’en garantir la clarté. Cette prise de position a suscité la réaction du Parti québécois, qui accuse le gouvernement fédéral de s’ingérer dans un processus provincial. Le parti indépendantiste québécois, actuellement bien placé dans les sondages en vue des élections provinciales d’octobre au Quebec, défend lui aussi l’idée d’un référendum sur la souveraineté. Selon un récent sondage, environ 30 % des habitants de l’Alberta soutiendraient le projet séparatiste. Les partisans de cette initiative dénoncent notamment l’influence jugée excessive d’Ottawa sur les ressources énergétiques de la province et les politiques environnementales imposées par le gouvernement fédéral. Face à ces tensions, Mark Carney a affirmé vouloir promouvoir « un fédéralisme coopératif » avec l’Alberta, le Québec ainsi que l’ensemble des provinces et territoires canadiens, dans le but de préserver l’unité nationale, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI