La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une nouvelle flambée d’Ebola particulièrement préoccupante. Selon les autorités sanitaires, l’épidémie aurait déjà causé au moins 131 décès et plus de 513 cas suspects à travers plusieurs provinces de l’est du pays. Face à l’ampleur de la crise et à la vitesse de propagation du virus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pris une décision exceptionnelle : déclarer dès dimanche une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), sans attendre les conclusions de son comité d’experts. Une première dans l’histoire de l’organisation.

La souche en circulation, identifiée comme la souche Bundibugyo, inquiète fortement les autorités sanitaires internationales. À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe contre cette variante du virus. Devant les États membres réunis à l’Assemblée générale de l’OMS, le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué les raisons ayant conduit au déclenchement rapide de l’alerte mondiale. Il a notamment évoqué la présence de cas dans des zones urbaines, la contamination de personnels de santé ainsi que les importants mouvements de population dans l’est de la RDC. « Cela indique clairement une transmission active dans plusieurs contextes », a-t-il déclaré, soulignant les risques d’extension régionale de l’épidémie, rapporte Rfi.
La situation humanitaire dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu aggrave encore les inquiétudes. Près de deux millions de déplacés vivent actuellement dans ces régions, où les conditions sanitaires restent extrêmement fragiles. Craignant une propagation transfrontalière, le Rwanda a annoncé une fermeture partielle de sa frontière avec la RDC. Les passages resteraient toutefois ouverts pour le personnel médical et humanitaire mobilisé dans la lutte contre le virus. Malgré l’absence de vaccin contre cette souche, l’OMS estime qu’il est encore possible de contenir l’épidémie grâce aux mesures sanitaires développées lors des précédentes flambées d’Ebola : isolement rapide des cas, traçage des contacts, protection du personnel médical et sensibilisation des populations. Cette nouvelle crise constitue la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC. Mais les efforts de réponse pourraient être freinés par le manque de financements humanitaires. L’ONU indique n’avoir reçu, pour le moment, qu’un tiers des 1,5 milliard de dollars demandés pour ses opérations en RDC en 2026, dans un contexte marqué par une baisse importante de l’aide internationale.
Norbert MEGAN YAOVI