La finale de la CAN 2025 continue d’alimenter les débats. Vainqueur sur le terrain, le Sénégal attend toujours la validation officielle de son sacre par la CAF. Entre contestation marocaine, zones d’ombre et révélations sur les coulisses de la finale, l’affaire s’impose comme l’une des plus sensibles du football africain récent.
Le Sénégal a bien remporté la rencontre sur le terrain, mais le titre reste suspendu à une décision officielle de la Confédération Africaine de Football (CAF). En cause, une série d’incidents qui ont entaché la finale et ouvert la voie à une contestation formelle du Maroc. Depuis, de nouveaux éléments alimentent le débat et fragilisent la version initialement portée par le camp sénégalais. Le dossier est désormais examiné sous l’angle disciplinaire et réglementaire, dans un climat de forte pression médiatique.
Des choix logistiques au cœur des interrogations
Avant même le coup d’envoi, certaines décisions de la délégation sénégalaise suscitent des interrogations. Selon des sources proches de l’organisation et les recoupements d’informations du journal AS, des recommandations avaient été formulées par la CAF et les autorités locales afin d’éviter des zones à forte affluence à Rabat. Le choix du Sénégal de ne pas suivre ces orientations est interprété par certains observateurs comme une volonté de dénoncer les conditions d’organisation, voire d’influencer l’opinion publique. La question de l’hébergement a également cristallisé les tensions. Logée au Complexe Mohammed VI, la sélection sénégalaise a évoqué un risque d’espionnage. Une inquiétude qui contraste avec les retours d’autres équipes, notamment le Cameroun, qui avaient salué la qualité des installations durant le tournoi.
Une fin de match sous haute tension
La rencontre a basculé dans la confusion à la 97e minute, après un penalty jugé litigieux. Cette décision arbitrale a provoqué une réaction immédiate du camp sénégalais. Dans un geste rare à ce niveau, la quasi-totalité de l’équipe a quitté la pelouse, interrompant le match pendant une trentaine de minutes. Seuls quelques joueurs, dont Sadio Mané, sont restés en retrait. L’épisode a été amplifié par la diffusion en direct de vidéos depuis les vestiaires, donnant une dimension virale à la crise.
Par ailleurs, des informations évoquent des consignes adressées à l’arbitre durant l’interruption. Il lui aurait été demandé de faire preuve de retenue disciplinaire au moment de la reprise afin d’éviter une multiplication des sanctions. Si ces faits sont confirmés, ils soulèveraient des questions majeures sur l’intégrité de la gestion du match. Face à l’ampleur de la polémique, la CAF a dénoncé des comportements “inacceptables” dans les deux camps. Le Maroc reconnaît certains débordements, notamment liés à l’attitude de ramasseurs de balles envers le gardien Édouard Mendy, mais rejette toute lecture qui présenterait le Sénégal comme seule victime.
Désormais, le différend se joue autant dans les instances disciplinaires que sur le terrain médiatique. Chaque camp tente d’imposer sa version des faits, dans un contexte où l’image du football africain est en jeu.
Au-delà de l’issue de cette finale, l’affaire met en lumière des enjeux plus larges liés à la gouvernance du football africain. Organisation, arbitrage et gestion de crise sont aujourd’hui au centre des débats. La décision finale de la CAF sera déterminante. Elle pourrait non seulement trancher ce litige, mais aussi établir un précédent pour les futures compétitions continentales.