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‎Hongrie : Les médias publics suspendent leurs journaux télévisés

‎Les chaînes d’information du service public hongrois ont interrompu la diffusion de leurs journaux télévisés, marquant une rupture symbolique avec seize années de contrôle politique des médias d’État sous le gouvernement de Viktor Orbán.

‎La décision a été prise par Andras P. Horvath, récemment nommé à la tête des médias publics par le gouvernement du Premier ministre Péter Magyar. Chargé de restaurer l’indépendance éditoriale du service public, il a ordonné la suspension des émissions d’information de la chaîne M1, principale chaîne d’information en continu du pays. ‎Mardi 7 juillet, les téléspectateurs ont découvert un écran noir accompagné d’un message inédit : « Nous vous demandons pardon d’avoir menti pendant des années. » Une séquence hautement symbolique, présentée par les nouvelles autorités comme le point de départ d’une profonde réforme de l’audiovisuel public.

‎Durant les seize années de gouvernement de Viktor Orbán, les médias publics ont été régulièrement accusés d’être devenus des instruments de propagande au service du pouvoir. Selon plusieurs anciens journalistes, les rédactions recevaient quotidiennement des consignes détaillées sur les sujets à traiter et le vocabulaire à employer. ‎« Chaque jour, nous recevions des instructions par courrier électronique indiquant les thèmes à couvrir et les termes à utiliser. Il fallait notamment présenter l’opposition comme étant financée par des intérêts étrangers, notamment par George Soros », témoigne un ancien journaliste de la télévision publique.

‎La suspension concerne uniquement les programmes d’information. Les autres chaînes du groupe audiovisuel public poursuivent normalement la diffusion de leurs émissions culturelles, de divertissement et des retransmissions sportives, notamment la Coupe du monde de football. ‎Pour Péter Magyar, cette décision marque « la fin de la propagande ». Le chef du gouvernement affirme toutefois que le changement de climat au sein des rédactions avait commencé dès le lendemain des élections, les responsables politiques de l’ancien pouvoir ayant cessé d’intervenir dans les choix éditoriaux. ‎Les principaux dirigeants de l’information, restés en poste après l’alternance politique, ont depuis été remplacés. Le gouvernement prépare désormais un projet de loi destiné à réformer en profondeur les médias publics afin de garantir leur indépendance et de restaurer la confiance du public dans le service audiovisuel national, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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