Le scandale prend de l’ampleur dans une prison située près de Jakarta. Des détenus auraient bénéficié de villas luxueusement aménagées, avec piscine, salle de sport et accès facilité vers l’extérieur. Une perquisition menée mercredi 30 septembre à la prison de Cibinong a conduit à la démolition de plusieurs de ces installations.
L’affaire a été révélée après une inspection surprise menée la semaine dernière par le bureau du médiateur indonésien. Les enquêteurs ont découvert, dans l’enceinte de la prison, plusieurs logements occupés par des détenus et aménagés avec des canapés, de grands lits, des téléviseurs, des réfrigérateurs et des tables à manger. Selon les autorités, ces détenus payaient un loyer pour bénéficier de ces installations. Des bouteilles de bière, de whisky et d’autres boissons alcoolisées ont également été retrouvées dans l’un des réfrigérateurs.
Des privilèges au sein de la prison
Les villas disposaient notamment d’une piscine et d’une salle de sport. Un simulateur de golf était même en cours d’installation. Un portail non verrouillé permettait par ailleurs aux occupants de rejoindre une zone boisée voisine et de circuler librement. Le bureau du médiateur soupçonne ainsi l’existence d’« installations spéciales » réservées à certains détenus. Les autorités ont également relevé la présence d’un espace destiné au stationnement de véhicules de luxe. La prison de Cibinong compte environ 1 800 détenus, soit une population supérieure à sa capacité théorique. Elle accueille notamment des personnes condamnées pour des crimes violents et des infractions financières, dont la corruption.
Dix villas démolies
Les autorités pénitentiaires affirment que les travaux d’aménagement n’ont pas été financés par l’État. Selon Rudi Setiawan, inspecteur général du service pénitentiaire, les constructions ne disposaient d’aucune autorisation. À l’issue de la perquisition, dix villas qualifiées d’illégales ont été détruites à l’aide d’une pelle mécanique. Le ministère chargé des prisons doit présenter au Parlement, la semaine prochaine, les premières conclusions de son enquête.
À ce stade, 52 détenus ont été interrogés. Le directeur de la prison et quatre autres hauts responsables ont été suspendus. Les autorités n’ont toutefois pas dévoilé l’identité des détenus ayant bénéficié de ces logements ni les éventuelles sanctions qui pourraient les viser, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI