Alors qu’El Niño accentue les effets de la saison sèche, l’Indonésie fait face à une multiplication des incendies de grande ampleur. Près de 900 000 hectares ont déjà été ravagés par les flammes depuis le début de l’année, selon la plateforme Nusantara Atlas. Dans plusieurs régions, les fumées toxiques perturbent désormais la vie quotidienne des populations.
À Palembang, capitale de la province de Sumatra du Sud, le smog enveloppe régulièrement le paysage. Depuis le ciel, le pont Ampera, qui traverse le fleuve Musi, apparaît noyé dans une épaisse brume provoquée par les incendies qui ravagent les environs. Sur le fleuve, Saar continue de conduire son ketek, une petite embarcation traditionnelle utilisée pour transporter les habitants. Mais la fumée rend son travail particulièrement difficile. « Je me sens oppressé, j’ai du mal à respirer et j’ai les yeux qui piquent », témoigne-t-il.
Une population exposée à la pollution
La dégradation de la qualité de l’air affecte également l’activité économique. Les revenus de Saar ont diminué de moitié depuis août, les clients étant de moins en moins nombreux. Dans le centre de Palembang, les concentrations de particules fines atteignent parfois des niveaux jugés dangereux pour la santé, notamment pour les poumons et le système cardiovasculaire.
Dans un restaurant flottant, Bella constate elle aussi les conséquences du smog. « Beaucoup de mes collègues sont malades à cause de la pollution. Moi-même, j’ai dû prendre un jour de congé parce que j’avais du mal à respirer », explique-t-elle. Début septembre, les autorités sanitaires indonésiennes faisaient état de plus de 110 000 infections respiratoires liées aux incendies, soit plus du double du nombre enregistré auparavant. Le phénomène dépasse désormais les frontières de l’archipel. Les fumées ont atteint Singapour, la Malaisie, Brunei, les Philippines et, plus récemment, le sud de la Thaïlande, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI